Revue Cochrane : les probiotiques dans la diarrhée pédiatrique liée aux antibiotiques

  • Guo Q & al.
  • Cochrane Database Syst Rev
  • 30 avr. 2019

  • Par Caroline Guignot
  • Résumé d’articles
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À retenir

Selon une revue et méta-analyse Cochrane, les probiotiques offriraient un effet protecteur modéré en matière de prévention de la diarrhée due aux antibiotiques. Le nombre de sujets à traiter pour prévenir un cas serait de 9 [7-13] et même de 6 [5-9] en utilisant des probiotiques à forte dose (≥ 5 milliards d'UFC/jour), selon un niveau de preuve modéré (risque de biais et d’incohérence liés à la diversité des probiotiques étudiés). Ils pourraient également réduire la durée de la diarrhée d’environ 1 jour (différence 0,91 jour). Parallèlement, la fréquence des évènements indésirables étaient faibles, même si les auteurs remarquent que des études observationnelles non incluses ici ont rapporté quelques événements graves chez des enfants immunodéprimés ou très affaiblis, notamment en cas de port d’un cathéter veineux central. Une étude multicentrique de large envergure et menée avec de fortes doses serait maintenant nécessaire pour conforter ces données.

Méthodologie

Les essais contrôlés et randomisés ayant inclus des enfants de moins de 18 ans recevant des antibiotiques et ayant comparé l’apport de probiotiques à un placebo, une prophylaxie active alternative ou une absence de traitement afin de prévenir le risque de diarrhée ont été inclus. Au total, la méta-analyse a pu regrouper 33 études, soit 6.352 patients (biais élevé pour 20 d’entre elles, faible pour les autres). Plusieurs probiotiques y étaient utilisés seuls ou en association : Lactobacillus acidophilus, L. bulgaris, L. casei, L. rhamnosus, Bifidobacteria bifidum, B. longum, Streptococcus thermophilus, Saccharomyces boulardii and Clostridium butyicum. Les essais associant probiotiques et prébiotiques étaient inclus si la dose de ces derniers était inférieure à 2,5 grammes.

Principaux résultats

  • Globalement, 3 à 30 jours d'antibiothérapie étaient prévus dans ces études, la plupart apportée par voie orale. Parmi les 33 études, l'incidence de la diarrhée a été évaluée par 24 d’entre elles (n=4.415) et la durée moyenne de la diarrhée par 8 études (n=1.263).

  • L'incidence de la diarrhée était respectivement de 8% et 19% dans les groupes probiotiques et témoins, soit un risque relatif de 0,45 ([0,36-0,56], I²=57%) après une durée de suivi comprise entre 5 jours à 12 semaines. Le nombre d’enfants à traiter pour éviter un évènement était ainsi de 9 [7-13]. L’analyse en intention de traiter a, elle, mis en évidence une incidence de 12% versus 19%, soit un risque relatif toujours statistiquement significatif de 0,61 ([0,49-0,77], p

  • L’hétérogénéité des résultats reposait essentiellement sur la gamme des posologies utilisées. En établissant un seuil à 5 milliards UFC/jour, l'incidence de la DAA était de 8% sous forte dose vs 23% dans le groupe témoin (RR 0,37 [0,30 -0,46], p=0,06) contre 8% sous faible dose vs 13% dans le groupe témoin (RR 0,68 [0,46 -1,01], p=0,02). En intention de traiter, l'incidence de la diarrhée était de 13% contre 23% dans les groupes fortes doses et témoins respectivement (RR 0,54 [0,42-0,70], p

  • Les résultats semblaient plus significatifs concernant L. rhamnosus et S. boulardii : les enfants traités par l’un ou l’autre de ces probiotiques étaient 8% à avoir une diarrhée, contre respectivement 22% (RR: 0,37 [0,24-0,55], p

  • En termes de tolérance, (24 essais, n=4.415) on comptait 4% d’enfants présentant au moins un évènement indésirable contre 6% des sujets témoins. Il s’agissait principalement d’éruptions cutanées, de nausées, gaz, ballonnements et de constipation.

  • La durée moyenne de la diarrhée était réduite de -0,91 jour ([-1,38 à -0,44], p