Rétrospective 2016 sur les avancées dans le domaine de l’activité physique

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Le Lancet vient de publier sa rétrospective 2016 sur l’activité physique. Celle-ci conclut que pour des pathologies chroniques comme l’obésité, l’inactivité constitue un facteur de risque modifiable aussi important que le tabac. Cette rétrospective fait état des avancées en termes de recherches épidémiologiques, de surveillance globale, de stratégies d’intervention et d’actions politiques. C’est également le moyen de revenir sur les résultats de la plus grande méta-analyse menée sur les effets de la sédentarité et de l’activité physique sur la santé, ainsi que sur les premières estimations du fardeau économique mondial que représente l’inactivité. Enfin, cette rétrospective 2016, devrait inciter les décideurs à prendre plus au sérieux l’activité physique car, si des mesures ne sont pas prises rapidement, l’objectif de l’OMS qui vise à réduire l’inactivité de 10% d’ici à 2025 ne sera pas atteint. Individuellement, cette rétrospective devrait également nous inciter à intégrer l’activité physique dans notre vie quotidienne comme dans celle de nos patients.

Quels sont les messages clefs ?

  • Quatre articles ont fait avancer les connaissances dans le domaine de l’activité physique dans la santé publique. James Sallis et collègues ont publié des données importantes sur les priorités en termes de surveillance de l'activité physique au niveau mondial, sur les stratégies nationales efficaces de promotion et sur les nouveaux domaines de recherche épidémiologique reliant l’activité physique, l’amélioration de la santé mentale et des fonctions cognitives. Ils concluent que bien que de nombreux pays aient mis en place des systèmes de surveillance et des stratégies nationale sde promotion de l’activité physique, les niveaux d’activité physique des populations n’ont pas augmenté depuis la première rétrospective parue dans le Lancet en 2012.
  • Rodrigo Reis et collègues, montrent que de nombreuses interventions sont efficaces sur la santé dans des contextes de recherche très contrôlés. Mais pour réussir le déploiement efficace de ces pratiques, elles devront être intégrées et promues par les praticiens de santé publique, des intervenants spécifiques et les décideurs.
  • Durant des décennies, l’évaluation du risque de maladies lié au fait de « rester trop longtemps assis » a intéressé de très nombreux chercheurs. Ulf Ekelun et ses collègues ont utilisé une revue systématique et une méta-analyse pour examiner la question de la quantité d’activité physique nécessaire pour contrer les longues périodes de repos et le risque de mortalité prématurée. L’une des principales forces de cette étude a été l’inclusion de 16 études prospectives ré-analysées de manière harmonisée. Ces études ont permis de regrouper les données de 1.005.781 sujets suivis entre 2 et 18,1 années, et au cours desquelles 84.609 (8,4%) personnes sont décédées.
    • Les résultats convaincants d’Ekelund et ses collègues suggèrent qu’il existerait une relation curvilinéaire entre les faibles niveaux d’activité physique (avec des longues périodes assises) et l’augmentation de la mortalité, avec un risque accéléré lorsque les niveaux d’activité physique sont inférieurs à 35,5 MET/sem (Metabolic Equivalent of Task). Le MET est une unité de mesure de l’intensité d’une activité physique. 1 MET correspond à la dépense énergétique au repos, assis sur une chaise.
    • Un groupe référent était constitué de sujets restant assis moins de 4 heures/j et se situant dans le quartile le plus actif > 35,5 MET-h/semaine.
    • Les sujets du quartile représentant la plus faible activité physique présentaient un MET-h/sem < 2,5 (équivalent d’environ 5 min d’intensité modérée) et étaient assis > 8 heures/j.
    • Les sujets du quartile représentant le 2ème niveau d’activité physique la plus faible présentaient un MET-h/sem < 16 (équivalent de 25-35 min d’activité d’intensité modérée par jour) et étaient assis < 4 h/j.
    • La mortalité était de 12-59% plus élevée chez les sujets appartenant aux deux quartiles les plus faibles d’activité physique par rapport au groupe référent et lorsque la position assise était respectivement maintenue moins de 4 heures et plus de 8 heures. Soit un HR respectif de 1,12 [IC95% : 1,08-1,16] et 1,59 [IC95% : 1,52-1,66]
    • En revanche, les auteurs ont constaté que le risque de mortalité lié à plus de 8h/j de position assise, ce qui peut correspondre à une occupation sédentaire parfois difficile à modifier, peut être contrebalancée par une activité physique de plus de 35,5 MET-h/sem, HR de 1,04 [IC95% : 0,99-1,10].
  • La publication de Ding Ding et collègues a traité du fardeau économique de l’inactivité physique dans le monde à travers une analyse globale des principales maladies non transmissibles. Les auteurs ont rapporté que l’inactivité physique coûtait aux systèmes de soins mondiaux environ 53,8 milliards de dollars-INT en 2013 (31,1 milliards de dollars ayant été payés par le secteur public, 12,9 par le secteur privé et 9,7 milliards par les ménages). Les pays à revenus élevés supportent la part la plus importante du fardeau économique (80,8% des coûts de soins de santé et 60,4% des coûts indirects). Les auteurs ont estimé qu’il s’agissait d’une hypothèse conservatrice et que le fardeau économique lié à l’inactivité pourrait être bien plus important.

À retenir

Il est encourageant de constater que si les longues périodes de travail assis ne peuvent être évitées dans la journée, les effets négatifs sur la santé peuvent être contrebalancés par un niveau d’activité physique suffisant à d'autres moments de la journée.