Rétrospective 2016 sur la Santé de la femme à travers le monde

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Au cours du dernier quart de siècle, de nombreux progrès ont été réalisés pour la santé des femmes et des nouveaux-nés. Bien que le taux global de mortalité maternelle ait diminué, les Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD) approuvé par tous les pays du monde et par toutes les grandes institutions mondiales de développement est loin d’être atteint. En Afrique subsaharienne, le risque de décès en couches est de 1 femme pour 36 alors qu’il est passé à 1 pour 4.900 dans les pays à revenus élevés. L’écart entre les pays où le taux de mortalité maternelle est le plus élevé et ceux où il est le plus faible, a doublé au cours de cette même période. La rétrospective 2016 sur la santé maternelle publiée dans le Lancet s'appuie sur six articles1-6, et met en lumière les causes, les tendances et les perspectives de santé maternelle à l’ère d’une transition démographique, épidémiologique et socio-économique rapide. Elle analyse les expériences des 25 dernières années et expose la menace des inégalités d’accès aux soins. Avec 210 millions de femmes enceintes et 140 millions de nouveaux-nés chaque année, il est urgent d’améliorer la qualité des soins et de réduire les disparités afin de soutenir les objectifs de l’OMD et la Stratégie mondiale pour la santé des femmes, des enfants et des adolescents.

Quels sont les messages clés :

  • Quatre grandes transitions (démographique, épidémiologique, socio-économique, environnementale) ont contribué à accroître l’écart en termes de santé maternelle dans le monde.
  • En matière de démographie, malgré la baisse des taux de natalité et de mortalité, le profil plutôt jeune de la population mondiale ainsi que les besoins de contraception non satisfaits contribuent à stimuler l’accroissement démographique mondial.
  • Sur le plan épidémiologique, les pays à revenus faibles ou intermédiaires subissent une augmentation de l’incidence du diabète, des maladies cardiovasculaires et des maladies chroniques. En conséquence, les causes indirectes de mortalité et morbidité maternelle deviennent plus proéminentes.
  • Au niveau socio-économique, au fur et à mesure que les communautés et les individus deviennent de plus en plus prospères, de nombreux changements de style de vie s’opèrent. À titre d’exemple, les femmes ont une première grossesse plus tardivement, les maladies non transmissibles augmentent, et de plus en plus d’individus aspirent à utiliser des technologies et des soins adaptés.
  • Enfin, concernant l’environnement, l’impact du changement climatique, de la dégradation de l’environnement et des catastrophes naturelles sur la santé humaine est important. Les femmes sont d’ailleurs souvent les plus touchées. Elles sont également plus exposées à des risques liés à des vecteurs d’infections ou au manque d’hygiène durant leur grossesse, comme le paludisme, les virus Zika ou Ebola.
  • En 2015, 216 femmes sont décédées de cause maternelle pour 100.000 nouveaux nés en vie, soit une diminution de 44% des décès maternels depuis 1990, ce qui est encore loin de l’objectif fixé par l’OMD pour 2030 (70 décès pour 100.000 nouveaux nés), qui nécessite une réduction de 68%.
  • En 1990, le taux moyen de mortalité pour les 10 pays ayant le taux de mortalité maternelle le plus élevé était 100 fois supérieur à celui des 10 pays ayant le taux le plus bas. En 2013, cet écart a doublé.
  • Aujourd’hui, trois quarts des femmes reçoivent l’aide d’une accoucheuse qualifiée et les deux tiers au moins quatre visites prénatales de soins.
  • Près de 53 millions de femmes, concentrées dans les pays les plus pauvres ou parmi les femmes les plus pauvres, ne reçoivent aucune assistance à la naissance.
  • Cependant, il existe des femmes vulnérables dans tous les pays, y compris dans les pays à revenus élevés. Par exemple, une femme Afro-américaine vivant à New York a plus de risque de décéder en couche qu’une femme vivant dans une région développée d’Asie de l’Est.
  • Il existe 51 directives fondées sur des données probantes de haute qualité, et élaborées par des organisations gouvernementales et non-gouvernementales de divers pays, mais aucune n’a été élaborée par un pays à faible revenu.
  • Dans les sept pays d’Afrique subsaharienne étudiés, plus d’un quart des enfants naissaient sur des sites qui n’étaient pas équipés pour prodiguer des soins pour des naissances non compliquées. Dans quatre de ces pays, plus des deux tiers des établissements prévus pour les naissances ne disposaient pas des trois éléments de base et plus de la moitié des établissements n’étaient pas en mesure de dispenser des soins obstétricaux de base.
  • Les estimations modélisées indiquent que 18 millions de professionnels de santé seraient nécessaires d’ici à 2030 pour atteindre l’objectif de l’OMD. Or, les pays d’Afrique subsaharienne qui présentent les taux de naissance les plus élevés (ex. République Démocratique du Congo, Tanzanie, Kenya, Ethiopie) ont également les densités en sages-femmes les plus faibles (<2/1.000 grossesses).
  • Une analyse portant sur les pays les plus industrialisés a montré que le coût moyen d’une naissance par voie vaginale était sept fois plus élevé aux Etats-Unis qu’en Norvège et quatre fois plus élevé qu’un accouchement par césarienne.

À retenir :

De nombreuses actions doivent encore être menées pour atteindre l’Objectif du Millénaire pour le Développement fixé pour 2030, en ce qui concerne la santé des femmes et des enfants.