Retarder l’apparition du diabète de type 1 : est-ce possible ?

  • Herold KC & al.
  • N Engl J Med
  • 9 juin 2019

  • Par Nathalie Barrès
  • Résumé d’articles
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À retenir 

Les résultats d’une étude de phase 2 menée chez des sujets à haut risque de développer un diabète de type 1 (DT1) montrent qu’il est possible de retarder de 2 ans l’apparition clinique d’un DT1 grâce à un traitement par teplizumab durant 14 jours.

Pourquoi cette étude est -elle  intéressante ?

Avant l’apparition de signes cliniques d’un diabète de type 1, une personne génétiquement prédisposée développera des auto-anticorps, puis des troubles de la glycémie et seulement ensuite, une modification de la réponse à un test d’hyperglycémie orale, sans que l’HbA1c ne soit encore impactée. Ces caractéristiques permettent d’identifier les sujets à haut risque de développer un DT1. De précédentes études avaient montré que le teplizumab pouvait prolonger la sécrétion d’insuline. Ces résultats confortent l’idée que le DT1 est une maladie chronique médiée par les cellules T et qu’une immunomodulation avant le développement clinique est possible. De nombreuses questions en suspens (mécanismes d’action, choix des patients répondeurs, efficacité et tolérance à long terme) doivent cependant encore être évaluées.

Méthodologie

Cette étude de phase 2 est un essai randomisé, contrôlé versus placebo, mené en double aveugle. Les sujets ont reçu du teplizumab (un anticorps monoclonal anti-CD3) durant 14 jours à une dose croissante de 51 microgrammes par mà 826 microgrammes par mentre J0 et J14, ou un placebo. Ils ont ensuite été suivis pour évaluer la progression clinique du diabète avec un test oral de la tolérance au glucose réalisé tous les 6 mois.

Principaux résultats

Au total, 76 personnes ont été inclus dans les groupes de traitements (44 dans le bras teplizumab et 32 dans le bras placebo, 72% avaient moins de 18 ans et 47 avaient un test de tolérance au glucose altéré avant randomisation). Le suivi moyen était de 2 ans (>3 ans chez 75% des sujets).

  • Au cours du suivi, un diabète de type 1 a été diagnostiqué chez 43% des sujets ayant reçu un traitement par teplizumab et 72% de ceux sous placebo. Soit un hazard ratio de 0,41 [0,22-0,78], p=0,006. Le taux annuel de diagnostic de DT1 était de 14,9% sous teplizumab et 35,9% sous placebo. 
  • Le délai médian avant diagnostic était de 48,4 mois avec le teplizumab et 24,4 mois dans le groupe placebo.
  • L’effet du teplizumab était particulièrement important durant la première année de suivi.
  • Les évènements indésirables survenus sous teplizumab étaient des rashs et des lymphopénies transitoires. Le taux d’infections était similaire entre les deux groupes de traitement.
  • Les cellules T TIGIT+KLRG1+EOMES+CD8+ étaient plus souvent retrouvées dans le groupe répondeur au teplizumab.

Principales limitations

La cohorte étudiée était petite limitant le pouvoir statistique des résultats. Il sera donc important de confirmer ces données par des études de plus grande ampleur.