Résurgence des dermatophytoses : bilan d’une épidémie en milieu scolaire


  • Caroline Guignot
  • Actualités Médicales
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Une épidémie de dermatophytose au sein d’une école maternelle a été signalée le 14 novembre 2018 à l’ARS Pays de Loire alors qu’une quinzaine de cas avaient déjà été signalés. Des investigations microbiologiques, épidémiologiques et environnementales ont été menées et les résultats synthétisés dans un article paru dans le Bulletin Epidémiologique Hebdomadaire (BEH) du 23 juin 2020.

Principalement des dermatophyties circinées sur la partie supérieure du corps

Cette enquête a d’abord identifié 19 cas (dont 16 enfants), auxquels se sont ajoutés 19 autres cas au cours du suivi mené jusqu’en janvier 2019. La prévalence initiale était ainsi de 29% parmi l’ensemble des 108 personnes accueillies dans l’établissement (enfants ou adultes) et de 35% sur l’ensemble de la période (35 élèves, avec une prévalence diminuant avec l’âge, et 3 adultes). La survenue de cas avant ou après les vacances a permis de supposer l’existence d’une source commune persistante. Par ailleurs, des expositions intrafamiliales ont été notifiées parmi 9 familles dont 5 étaient liées à un enfant déclaré comme cas.

Parmi les cas documentés sur le plan microbiologique (29 des 38 cas), 21 étaient liés à Trichophyton tonsurans . Les lésions étaient principalement localisées sur la moitié supérieure du corps, notamment au niveau du visage et étaient majoritairement des dermatophyties circinées (75%).

L’enquête a permis d’identifier les tapis de repos comme étant le principal vecteur. Ainsi, un ensemble de préconisation et de mesures ont été prises afin d’endiguer l’épidémie : destruction des anciens tapis de repos, renforcement des mesures d’hygiène collective et de nettoyage, éviction scolaire dans les premiers temps du traitement, réunion d’information aux professionnels de santé, …

Éléments de contexte

Les auteurs de l’article rappellent que T. tonsurans est une espèce originaire d’Afrique et des Antilles, dont l’incidence progresse en France métropolitaine depuis une vingtaine d’années. La présentation sous forme de dermatophyties circinées, plutôt que de teignes, est cependant inhabituelle. L’existence de porteurs sains et la survie prolongée du champignon sur les surfaces inertes compliquent la surveillance et la prévention. L’observance du traitement, nécessaire sur 6 à 8 semaines, peut favoriser l’augmentation des cas.