Résultats surprenants concernant la dose de vitamine D à privilégier chez l’adulte sain

  • Burt LA & al.
  • JAMA
  • 27 août 2019

  • Par Nathalie Barrès
  • Résumé d’articles
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À retenir 

Une étude monocentrique menée chez des sujets sains montre  :

  • lLabsence de différence significative en termes de résistance osseuse entre les sujets qui reçoivent une supplémentation de 4.000 UI/j ou 10.000 UI/j de vitamine D et ceux qui ne reçoivent que 400 UI/j.
  • Une diminution significative de la densité minérale osseuse (DMO) volumétrique au niveau du radius chez les sujets supplémentés par 4.000 ou 10.000 UI/j vs 400 UI/j ; et une diminution de la DMO volumétrique tibiale uniquement pour la supplémentation à 10.000 UI/j versus 400 UI/j.

Ainsi, supplémenter des individus sains avec des doses supérieures à 400 UI/j ne présenterait pas d’intérêt pour la santé osseuse. D’autres études seraient utiles pour explorer si des doses supérieures à 400 UI/j ne seraient pas éventuellement délétères.

Pourquoi cette étude est-elle intéressante ?

Les auteurs évoquent que ces résultats surprenants pourraient être liés à l’action combinée de l’augmentation des marqueurs plasmatiques de la résorption osseuse observée et de la suppression de la PTH, tout cela potentiellement en lien avec les faibles apports calciques.

Méthodologie

Cette étude monocentrique a été conduite au Canada entre 2013 et 2017. Elle a inclus des adultes sains sans ostéoporose, âgés entre 55 et 70 ans ayant à l’inclusion, un taux de 25(OH)D entre 30 et 125 nmol/L. Les individus ont été randomisés en 3 groupes pour recevoir durant 3 ans, 400 UI (n=109), 4.000 UI (n=100) ou 10.000 UI (n=102) de vitamine D par jour ou un placebo.

Principaux résultats

Sur les 311 sujets inclus (53% d’hommes, âge moyen 62,2 ans), 92% ont terminé l’étude. 

Le taux sérique moyen en 25(OH)D n’avait pas significativement varié après 36 mois dans le groupe supplémenté par 400 UI, alors qu’il avait significativement augmenté dès le 3èmemois dans le groupe 4.000 UI et avait continué à croitre jusqu’à 36 mois. Dans le groupe 10.000 UI, le taux sérique de 25(OH)D avait augmenté à 3 mois et à 18 mois, mais avait diminué entre 18 et 36 mois. Si 76% des participants recevaient une supplémentation calcique, 65% d’entre eux ne prenaient que 300 mg/j. À 3 ans, la DMO volumétrique radiale était plus faible dans le groupe 4.000 UI et 10.000 UI par rapport au groupe 400 UI, et la variation volumétrique moyenne de DMO était de -1,2% dans le groupe 400 UI, -2,4% dans le groupe 4.000 UI et -3,5% dans le groupe 10.000 UI.

À 3 ans, le pourcentage de variation de la DMO volumétrique tibiale était de -0,4% dans le groupe 400 UI, -1,0% dans le groupe 4.000 UI et -1,7% dans le groupe 10.000 UI.

La résistance osseuse au niveau du radius ou du tibia n’était pas significativement différente dans les groupes 4.000 et 10.000 UI/j versus le groupe 400 UI/j.

Principales limitations

Les sujets ayant une concentration sérique de 25(OH)D