Résultats d’une étude transversale française sur le cancer et le délai de retour au travail


  • Nathalie Barrès
  • Actualités médicales
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À retenir 

Une étude française menée auprès de 105 salariés montrent que le délai de retour au travail après un cancer, tout type confondu, serait d’un peu plus de 20 mois. Seul l’âge (moins de 45 ans) semblait être un facteur d’allongement significatif du délai de retour au travail. Cette étude incite à la réalisation d’autres études en sous-groupes en fonction du type de cancer, des comorbidités et du stade de la maladie au diagnostic.

Protocole de l’étude

C’est à partir d’un questionnaire ad-hoc, que des données socio-démographiques, professionnelles et médicales de 126 salariés des secteurs secondaire et tertiaire atteints de cancer et ayant repris leur activité professionnelle depuis au moins 4 semaines ont été recueillies. Il s’agit d’une étude transversale menée dans le Sud-Est de la France en 2013. L’objectif de l’étude est d’identifier les caractéristiques médico-sociales susceptibles d’influencer le retour au travail de salariés français affectés par un cancer.

Pourquoi cette étude est-elle intéressante ?

En France, la proportion des personnes atteintes de cancer et en âge de travailler n’a cessé de croître entre 1990 et 2010. Elle atteindrait près de la moitié des individus atteints d’un cancer. L’amélioration de l’efficacité des traitements et l’allongement de l’âge légal de départ à la retraite sont des facteurs qui contribuent à ce phénomène. Une meilleure compréhension de l’impact de certains critères sur le délai du retour au travail permettra de mieux prendre en charge ce profil de patients.

Principaux résultats

L’enquête a été proposée à 55 médecins du travail d’un service de santé du travail interentreprise. Chaque médecin devait inclure au maximum 7 sujets affectés par un cancer et ayant repris le travail. Au total, 30 médecins ont participé à l’étude, et 105 salariés ont répondu au questionnaire (81,1% de femmes), dont 57 femmes atteintes d’un cancer du sein,  10 sujets atteints d’un cancer hématologique, 7 de la sphère ORL, 7 du colon-rectum, 5 respectivement pour les cancers de la thyroïde et de l’utérus et 4 d’un cancer de la prostate/vessie. L’âge moyen à la reprise du travail était de 46,8 ans. Le retour au travail avait lieu en moyenne sous 20,2 mois. Ce délai ne variait pas de manière significative en fonction du sexe, de la catégorie professionnelle, du site du cancer primitif ou du pronostic de la maladie. En revanche les sujets de plus de 45 ans avaient un retour au travail significativement plus rapide que les plus âgés. Les patients atteints de cancer hématologique avaient cependant une tendance à avoir un délai de retour au travail plus long que les patients atteints d’un autre type de cancer. Par ailleurs, 76,9% des individus de moins de 45 ans avaient bénéficié d’une chimiothérapie contre 56% des plus de 45 ans. Pour autant, cette différence de retour au travail ne semblait pas liée au type de traitement, comme en atteste la persistance d’une différence après ajustement au type de traitement. De même, lesexe et la catégorie socioprofessionnelle ne semblaient pas avoir d’impact sur le délai de retour au travail. 

Principales limitations

La prise en compte spécifique de différents types de cancer réduit la puissance de l’étude lors des analyses en sous-groupes. Et ni les comorbidités, ni le stade de la maladie au diagnostic n’ont été pris en compte.