Restriction calorique, jeûne intermittent, végétarisme, véganisme : quel impact pour l’os ?

  • Veronese N & al.
  • Aging Clin Exp Res
  • 1 juin 2019

  • Par Caroline Guignot
  • Résumé d’articles
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À retenir

Si la restriction calorique, le jeûne intermittent ou l’élimination des produits d’origine animale dans l’alimentation revêtent des avantages pour la santé globale, tous ne se traduisent pas par un même bénéfice sur le plan osseux et peuvent inviter les personnes concernées à des ajustements ou des supplémentations. Une revue parue dans Aging Clinical and Experimental Research fait le point sur le sujet.

Restriction calorique

En termes généraux, la restriction réduit la sénescence dans des modèles cellulaires et animaux. Elle améliore la longévité notamment par son impact sur l'inflammation, la résistance à l'insuline et les paramètres cardiovasculaires (pression artérielle, fonction cardiaque).

Sur le plan de la santé osseuse, une revue et méta-analyse récente a montré que la perte de poids par restriction calorique était associée à une baisse significative de la densité minérale osseuse (DMO) au niveau de la hanche et du rachis, notamment dans les données à long terme et chez des sujets obèses. Son effet sur la qualité de l'os est, en revanche, plus incertain et nécessite d’autres études. Enfin, les données sur le risque de fracture sont insuffisantes pour conclure.

Jeûne intermittent

Les régimes alimentaires caractérisés par des périodes ou des cycles de jeûne peuvent aider à réduire le poids d'environ 0,5 kg par semaine chez les personnes obèses et en surpoids, ce qui peut offrir aux patients les mêmes avantages métaboliques que ceux de la restriction calorique.

Sur le plan osseux, l'hypothèse d’un bénéfice est évoqué du fait de l’impact du jeûne sur la sécrétion de l'hormone parathyroïdienne. Cependant, les études sont rares et celle qui est disponible, menée auprès d’une centaine de sujets en surpoids ou obèses suivis, n'a montré aucun impact sur la composition ou la densité minérale osseuse à 6 mois. De nouveaux travaux sont attendus.

Végétarisme et véganisme

Les régimes végétariens et, a fortiori le végétalisme, exposeraient à un moindre risque de maladies chroniques comme le syndrome métabolique, le diabète, les maladies cardiovasculaires ou le cancer, notamment du fait de la forte teneur en fibres de leur alimentation et de la diminution de celle de produits à potentiels carcinogéniques.

Cependant, le calcium, la vitamine D, mais aussi les protéines, la vitamine B12, le zinc ou les acides gras n-3 qui ont un rôle déterminant ou significatif sur la santé osseuse, principalement présents dans les produits d'origine animale, peuvent également être importants pour l’os. Le risque osseux potentiel lié à ces régimes spécifiques a été décrit dans une revue et méta-analyse qui a montré une DMO 4% plus faible chez les végétariens que chez les omnivores au niveau du col du fémur et du rachis lombaire. Un plus fort risque d’ostéoporose a aussi été décrit chez les végétaliens. Enfin, une revue et méta-analyse plus récente, ayant regroupé 20 études et plus de 37.000 patients a confirmé ces deux conclusions, associées à un un risque de fracture 32% plus élevé par rapport à celui des omnivores (hétérogénéité élevée), qui pourrait être surtout propre aux végans, plutôt qu’aux végétariens.