Rester au lit pour prévenir le pré-terme : un conseil qui n’est pas prouvé scientifiquement


  • Nathalie Barrès
  • Lecture critique
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À retenir

Rester au lit est un conseil courant pour prévenir la prématurité. Ce conseil est basé sur le fait qu’un travail pénible ou une activité physique importante durant la grossesse pourrait favoriser l’activité utérine. L’idée est donc de réduire l’activité en restant allongée. Cependant, le fait de rester couché longtemps peut avoir des conséquences sur d’autres points…

Une revue Cochrane récente montre qu’il existe très peu de données sur le sujet. Seulement deux études ont été identifiées et l’une d’elle n’a pas été retenue car elle combinait des données portant sur des grossesses uniques et multiples.

Ainsi, la seule étude considérée a inclus 1.266 femmes et présentait quelques faiblesses méthodologiques. Sur l’ensemble des femmes suivies, 432 femmes ont reçu une prescription d’alitement à la maison et 834 femmes ont participé à un groupe contrôle et ont reçu un placebo (n=412) ou aucune intervention (n=422). Le taux de naissances prématurées (avant 37 semaines) s’est révélé comparable entre le groupe intervention (7,9%) et le groupe contrôle (8,5%), soit un risque relatif de naissance prématurée de 0,92 [0,32-1,37].

De fait, à ce jour il n’existe pas de preuves supportant ou réfutant l’intérêt du conseil de rester allongé pour prévenir un pré-terme. En revanche, compte tenu de l’impact que ce conseil peut avoir sur la future mère, la famille et les coûts économiques de cette mesure, des études sur le sujet seraient très utiles.

Méthodologie

  • Revue Cochrane basée sur les études randomisées ou quasi-randomisées, contrôlées, présentant des données sur des femmes à haut risque de pré-terme spontané à qui il a été prescrit de rester couchée (à l’hôpital ou au domicile) pour prévenir une naissance prématurée.