Renforcer l’information sur le traitement pour une meilleure satisfaction sexuelle des personnes infectées par le VIH


  • Caroline Guignot
  • Actualités Médicales
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Messages principaux

Selon une étude menée auprès des personnes vivants avec le VIH (PVVIH) suivies dans 7 hôpitaux de Rhône-Alpes :

  • la satisfaction vis-à-vis de sa vie sexuelle est corrélée à l’estime de soi, et
  • si une majorité des PVVIH présentent une charge virale indétectable, les deux tiers craignent de transmettre le VIH à leur partenaire sexuel.


Une étude multicentrique a été menée auprès de 690 personnes vivants avec le VIH (PVVIH, 49,2 ans, 75% d’hommes dont 75% ayant des relations sexuelles avec les hommes), afin de mieux connaître les liens entre la satisfaction vis-à-vis de leur vie sexuelle, l’estime de soi et la crainte de transmettre le VIH. Elle montre à la fois qu’avoir une vie sexuelle insatisfaisante est associée à une mauvaise estime de soi et à la peur de transmettre le VIH. Être une femme et le fait de présenter un état de santé général altéré étaient aussi des facteurs délétères pour la satisfaction sexuelle.
Avoir une vie sexuelle satisfaisante fait pleinement partie de la qualité de vie globale. Chez les personnes vivant avec le VIH (PVVIH), elle peut être altérée par les manifestations cliniques, la stigmatisation sociale ou la peur de transmettre le VIH. Mais l’estime de soi constitue également un autre paramètre déterminant de la satisfaction quant à l’activité sexuelle. Or, elle a peu été évaluée chez les PVVIH. Cette étude permet donc d’en savoir plus sur ce point.
 

Rassurer en cas de charge virale indétectable
À travers ces résultats, les auteurs soulignent deux point intéressants : le premier concerne le fait que l’estime de soi ne semblait pas plus faible dans cette cohorte que dans celles regroupant d’autres maladies chroniques, avec un score (échelle de Rosenberg) de 30,7 points (sur 40) en moyenne, et 45,6% de la cohorte présentant un score supérieur à 31. La maladie n’aurait donc pas une influence déterminante sur ce point. La seconde est importante pour les praticiens car elle montre une association entre la peur de transmettre le VIH et la satisfaction concernant la vie sexuelle. Or, les PVVIH participants étaient moins de la moitié (49,8%) à être satisfaits de leur vie sexuelle. Parallèlement, 22,3% et 45,2% des participants disaient avoir peur ou très peur de transmettre le VIH à leurs partenaires sexuels alors qu’ils étaient 87,5% à présenter une charge virale indétectable.
Il semble indispensable, pour les auteurs de cette étude, de renforcer le message concernant la protection offerte par le traitement antirétroviral en cas d’indétectabilité du virus et de rassurer les patients sur le risque encouru.