Remise en question de l’intérêt du LGG en cas d’épisode de gastro-entérite aiguë

  • Schnadower D & al.
  • N Engl J Med
  • 22 nov. 2018

  • de Nathalie Barrès
  • Résumé d’articles
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À retenir 

Une étude a évalué l’efficacité de l’administration durant 5 jours d’un probiotique chez des enfants d'âge pré-scolaire, souffrant de gastro-entérite aiguë et nécessitant une consultation aux urgences. Les résultats de cet essai randomisé montrent que l’administration de Lactobacillus rhamnosus GG, deux fois par jours (1x1010UFC) n’apporterait pas de bénéfice par rapport à un placebo en ce qui concerne le risque de récidive de gastro-entérite modérée à sévère, la durée des diarrhées et vomissements, les jours d’absence de la garderie ou la transmission de la gastro-entérite au sein du foyer. Après s’être questionné sur la pertinence du critère d’évaluation de la sévérité de la gastroentérite, de la dose de probiotique et du profil des sujets choisis, les auteurs ont confirmé la rigueur de leur étude. Les conclusions de celle-ci divergent par rapport à celles de récentes méta-analyses et amènent à se questionner sur l’utilisation de L. rhamnosus GG dans la prise en charge des gastroentérites aiguës chez l’enfant comme le préconisent certaines recommandations.

Pourquoi cette étude a-t-elle été menée ?

Chaque année, de très nombreux enfants sont concernés par une gastroentérite aiguë les conduisant à consulter les urgences. Pouvoir limiter les risques de récidives par un probiotique permettrait de diminuer la souffrance des enfants, les conséquences pour l’entourage en termes de transmission ou d’organisation, et les coûts de santé. Si certaines méta-analyses ont suggéré que les probiotiques pourraient être bénéfiques dans ce contexte, les essais inclus dans celles-ci présentent des limites et sont basés sur de faibles effectifs. Alors que la consommation en probiotiques augmente fortement dans de nombreux pays, il est important pour les cliniciens de pouvoir bénéficier d’études de bonne qualité pour évaluer leur efficacité en condition de vie réelle.

Méthodologie

Cette étude prospective, randomisée, a été menée en double aveugle auprès d’enfants âgés de 3 mois à 4 ans consultant aux urgences aux États-Unis pour épisode de gastroentérite aiguë. Les enfants ont reçu une dose deux fois par jours de Lacobacillus rhamnosus GG (ou LGG) de 1x1010 UFC durant 5 jours ou un placebo. Les enfants ont été suivis quotidiennement durant 5 jours, puis revus 14 jours et un mois après l’inclusion.

Le critère principal d’évaluation était la récidive dans les 14 jours post-inclusion d’un épisode de gastroentérite modéré à sévère (défini par un score Vesikari modifié de 9 ou plus sur 20, la sévérité étant la plus forte pour les scores les plus élevés). La durée et la fréquence des diarrhées et vomissements, ainsi que le nombre de jours d’absence en garderie et le taux de transmission dans le foyer ont également été évalués.

Principaux résultats

Sur les 971 participants inclus entre 2014 et 2017, 97,1% ont terminé l’étude. L’âge moyen était de 1,4 ans et 52,9% étaient des garçons. La proportion d’enfants traités par antibiothérapie ou ondansétron après l’inclusion était similaire dans les deux groupes.

Aucune différence significative en termes de récidive d’épisode de gastro-entérite modérée à sévère dans les 14 jours post-inclusion n’a été notée entre les deux groupes. En effet, 11,8% des enfants souffrant de gastro-entérite aiguë traités par LGG durant 5 jours et 12,6% sous placebo ont eu un score supérieur ou égal à 9 sur l’échelle de Vesikari modifiée (soit un risque relatif de 0,96 [0,68-1,35], p=0,83).

La durée des diarrhées (p=0,26), des vomissements (p=0,17), le nombre de jours d’absence de la garderie (p=0,67) ou encore la transmission au sein du foyer (p=0,16), étaient semblables entre les deux groupes.

Principales limitations

Seuls les enfants arrivant au service d’urgence aux heures où le personnel de recherche était disponible ont été inclus.