Registre FAST-MI : les antécédents de cancer ont-ils un impact sur la mortalité des patients admis en unité de soins intensifs pour syndrome coronarien aigu ?

  • Arch Cardiovasc Dis

  • Par Nathalie Barrès
  • Actualités médicales
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À retenir 

Les sujets ayant eu un cancer ont un risque accru de complications cardiovasculaires. Peu d’études ont évalué la prise en charge et la mortalité à court et long terme des patients admis en unités de soins intensifs (USI) pour syndrome coronarien aigu (SCA) en fonction ou non de la présence d’antécédents de cancer. Les recommandations actuelles ne proposent pas de prise en charge spécifique en fonction de la présence ou non d’un cancer. Par ailleurs, les patients atteints de cancer, sont généralement exclus des essais cliniques de phase III évaluant les nouveaux traitements du syndrome coronarien aigu. Tous ces constats ont motivé des chercheurs et cliniciens français à évaluer, à partir d’un registre français, la mortalité à court et long terme de patients admis en USI pour SCA en fonction de leurs antécédents de cancer. Sur 3.664 patients répondant à ces critères et inclus dans le registre FAST-MI 2005 sur une période de 1 mois, 6,7% avaient des antécédents de cancer. Les analyses ont montré que :

  • La prise en charge des patients souffrant de syndrome coronarien aigu était assez similaire entre les patients ayant ou non des antécédents de cancer.
  • La mortalité cardiovasculaire (à court et long terme) est la cause principale de décès post-syndrome coronarien aigu qu’il y ait ou non des antécédents de cancer. La mortalité à 5 ans est la plus élevée chez les patients qui ont des antécédents de cancer et ce, quel que soit le type de syndrome coronarien aigu dont ils souffrent.

Protocole de l’étude

FAST-MI est un registre national prospectif multicentrique de cohorte ayant inclus de manière consécutive tous les patients adultes hospitalisés en octobre 2005 pour syndrome coronarien aigu avec ou sans élévation du segment ST. 

Principaux résultats

Parmi les patients inclus dans les analyses (52,4% avaient un IDM avec élévation du segment ST).

Les patient avec antécédent de cancer représentaient 6,7% de l’ensemble de la cohorte. Ils étaient globalement plus âgés, avaient un IMC moyen plus faible et présentaient plus souvent une hypertension par rapport aux patients sans antécédents de cancer. Ils étaient également moins souvent fumeurs et avaient plus de comorbidités, notamment des antécédents de maladie coronarienne, de maladie artérielle périphérique, d’AVC ou d’AIT.

Après ajustement, la prise en charge s’est révélée assez similaire entre les patients qui avaient des antécédents de cancer et ceux qui n’en avaient pas. Les premiers recevaient moins souvent du clopidogrel que les seconds, et la prise en charge intensive de ces patients faisait par exemple moins souvent appel à la fibrinolyse en cas de SCA avec élévation du segment ST. Après ajustement, ni le taux de complications intra-hospitalières, ni le taux de mortalité intra-hospitalière, ne différait entre les deux populations. 

Le taux de mortalité globale à 5 ans était de 52,8% chez les sujets qui avaient des antécédents de cancer et de 28,1% chez les autres, sans différence significative selon que le patient souffrait d’un syndrome coronarien aigu avec ou sans décalage du segment ST. En revanche, la mortalité cardiovasculaire à 5 ans ne différait pas entre les patients qui avaient des antécédents de cancer ou non, ni en fonction du type de syndrome coronarien aigu.

Principales limitations

Étude observationnelle. Les antécédents de cancer ont pu être sous-estimés.