Régimes DASH et Méditerranéen : quel impact sur l’agressivité du cancer de la prostate ?

  • Schneider L & al.
  • Ann Epidemiol
  • 5 sept. 2018

  • Par Nathalie Barrès
  • Résumé d’articles
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À retenir 

Les résultats de cette étude transversale suggèrent qu’une alimentation saine, de type régime Méditerranéen (MED) ou plus modestement de type DASH, pourrait contribuer à réduire l’agressivité d’un cancer de la prostate. D’autres investigations sont cependant nécessaires pour confirmer ces résultats.

Pourquoi cette étude a-t-elle été menée ?

Certains liens entre des aliments bien spécifiques et le risque de cancer de la prostate ont déjà pu être mis en évidence à travers la littérature. En revanche, l’association entre une alimentation saine et le risque de cancer de la prostate est moins bien étudiée. Récemment une étudea cependant montré que la forte adhésion à une alimentation de type méditerranée diminuait le risque de cancer de la prostate. L’intérêt de l’étude présentée ici, est d’élargir le propos à un autre régime alimentaire sain et de d'intégrer l'éventuel impact de deux origines ethniques différentes.

Méthodologie

Cette étude a évalué l’association entre les caractéristiques d’une population issue de la cohorte transversale North Carolina-Louisiana Prostate Cancer (PCaP), une alimentation saine mesurée selon les scores MED et DASH et l’agressivité du cancer de la prostate mesurée chez 1.899 américains d’origine africaine ou européenne. Les hommes éligibles devaient être âgés de 40 à79 ans et avoir reçu un premier diagnostic d’adénocarcinome prostatique (confirmé histologiquement) entre juillet 2004 et août 2009.

Principaux résultats

Sur les 1.899 sujets ayant participé aux analyses, 1.567 avaient un cancer de la prostate faiblement à modérément agressif et 332 un cancer très agressif. Au total, sur 908 sujets identifiés, 47,8% étaient d’origine africaine et 52,2% d’origine européenne. Le score MED moyen était de 4,19 (sur une échelle de 0 à 9 avec les scores les plus élevés indiquant une alimentation la plus proche de ce modèle alimentaire) et le score DASH moyen de 22,01 (sur une échelle entre 8 et 40, 40 reflétant l’alimentation la plus proche de ce modèle).

Les hommes qui avaient reçu le diagnostic d’un cancer de la prostate très agressif étaient significativement plus âgés, avaient un IMC plus élevé, consommaient plus de calories par jour, avaient un niveau d’éducation plus faible, étaient plus susceptibles d’avoir été fumeurs ou de l’être encore, avaient moins de chance d’avoir participé à un dépistage du cancer de la prostate et étaient plus souvent d’origine africaine que les sujets qui présentaient un cancer moins agressif.

Deux constats majeurs :

  • Les scores MED et DASH les plus élevés étaient inversement associés à l’agressivité du cancer de la prostate. Ainsi, le risque d’avoir un cancer de la prostate hautement agressif versus faiblement agressif ou intermédiaire était diminué de 8% pour chaque augmentation d’un point du score MED (OR 0,92 [0,84-0,99]). L’association entre le score MED et l’agressivité du cancer était similaire quelle que soit l’origine ethnique. Cette association était plus forte chez les sujets de 65 ans et plus que chez les plus jeunes. 
  • L’association entre le score DASH et l’agressivité du cancer de la prostate était quant à elle beaucoup plus modeste (OR O,98 [0,95-1,01]), et plus forte chez les sujets d’origine européenne qu’africaine.