Régime végétarien versus méditerranéen : une perte de poids identique, quelques spécificités biologiques


  • Caroline Guignot
  • Lecture critique
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À retenir

  • CARDIVEG, première étude randomisée croisée comparant l’efficacité d’un régime hypocalorique méditerranéen ou végétarien chez 118 sujets en bonne santé omnivores, montre que la perte de poids apportée après trois mois de chaque régime est identique (-1,77 kg vs -1,88 kg à 3 mois, NS). De même l’évolution de la masse grasse et de l’IMC était similaire entre les deux groupes.
  • CARDIVEG montre, en revanche, quelques spécificités biologiques propres à chacun des deux régimes : le régime méditerranéen réduisait plus largement le taux de triglycérides, ainsi que le profil inflammatoire (taux d’IL-17). Parallèlement, le régime végétarien était associé à une réduction plus importante du taux de LDL-c.
  • Dans CARDIVEG, les sujets étaient randomisés entre 3 mois de régime végétarien (œufs et produits laitiers autorisés) puis 3 mois de régime méditerranéen, ou l’inverse. Ils se voyaient présenter chacun des régimes et un menu-type hebdomadaire : ils étaient tous deux hypocaloriques mais isocaloriques entre eux et comportaient 50-55 % de glucides, 25-30 % de lipides et 15-20 % de protéines. La baisse moyenne des calories ingérées était de 542 kCal/j (non significativement différent entre les deux régimes).

Pourquoi est-ce important ?

Une méta-analyse regroupant plus de 130.000 végétariens a précédemment montré les bénéfices de ce régime alimentaire en termes de santé, avec notamment un plus faible risque cardiovasculaire. Cependant, la population qui est ou devient végétarienne a un profil démographique, social et économique distinct de celui de la population générale. CARDIVEG présente l’intérêt de comparer les deux régimes de façon croisée chez une centaine d’individus omnivores en bonne santé, sans appétence particulière pour ce régime.

Principaux résultats

  • Les patients recrutés (âge moyen : 51,1 ans, femmes : 78%) ont été randomisés pour 3 mois de régime végétarien puis 3 mois de régime méditerranéen ou l’inverse, et les sujets ayant été peu observants (enquêtes téléphoniques) ont été exclus (15,3%).
  • La perte de poids obtenue après 3 mois de régime végétarien (-1,88 kg) était similaire à celle obtenue après les 3 mois de régime méditerranéen (-1,77 kg). L’IMC et la masse grasse étaient, eux, aussi significativement améliorés, et de manière comparable dans les deux groupes (respectivement -0,64 et -0,67 kg/m², et -1,23 et -1,46 kg).
  • Le profil biologique des participants montrait des différences significatives entre les 2 interventions : ainsi, 3 mois de régime végétarien offrait une diminution significative du taux de cholestérol total (CT) et du taux d’acide urique versus l’inclusion, contre aucun changement significatif sous régime méditerranéen (différence des taux moyens entre les deux régimes de 9,10 mg/dL de CT et 12,70 mg/dL de TG à 3 mois, respectivement). De même, il offrait une diminution significative du taux de vitamine B12, contre une tendance à l’augmentation (non significative) sous régime méditerranéen (différence des taux moyens : 32,32 pg/mL). À l’inverse, le régime végétarien était associé à une augmentation non significative des triglycérides (TG), contre une baisse sous régime méditerranéen (différence des taux moyens : 0.22 mg/dL).
  • En matière de marqueurs de l’inflammation et du stress oxydatif, l’analyse a mis en lumière une tendance à l’augmentation de l’IL-17 sous régime végétarien, contre une diminution significative sous régime méditerranéen.
  • Enfin, l’évaluation des scores de risque CV a montré que 44,2% des sujets ont amélioré leur profil de risque cardiovasculaire au cours de la phase végétarienne (atteinte de la valeur cible de ≥1 facteur de risque CV), contre 34% des sujets au cours de la phase méditerranéenne.

Méthodologie

Les sujets recrutés étaient des adultes (18-75 ans) en bonne santé (risque cardiovasculaire faible à modéré <5% à 10 ans selon l’ESC) présentant un surpoids (IMC ≥25 kg/m²) et au moins un des critères suivants : CT>190 mg/dL, LDL-c>115 mg/dL, TG>150 mg/dL, glycémie 110-126 mg/dL. Les patients devaient suivre les mêmes habitudes de vie et d’activité physique, et aucun objectif de perte de poids n’était fixé. Le suivi avait lieu toutes les 6 semaines durant 6 mois.

Principales limitations

L’effectif et la durée de suivi, tous deux limités, invitent à confirmer ces résultats par de nouvelles études.