Régime pauvre en FODMAP : combien de patients suivent ce régime dans le temps ?

  • Rej A & al.
  • Dig Liver Dis

  • Nathalie Barrès
  • Résumé d’articles
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À retenir

Le régime pauvre en FODMAP a montré son intérêt à court terme sur l’amélioration des symptômes liés au syndrome de l’intestin irritable (SII). Si la phase précoce, restrictive de ce régime est bien étudiée, en revanche il existe peu d’informations sur la poursuite de ce régime dans le temps. Une étude vient justement d’évaluer chez plus de 200 patients l’effet à long terme de ce régime. Celle-ci montre que :

  • Contrairement à ce qui peut être supposé, seulement un quart des sujets se maintiennent dans la phase restrictive initiale sans réintroduction progressive adéquate des aliments riches en FODMAP.
  • La diminution des symptômes était significative à long terme chez ceux dont les symptômes avaient été jugés modérés à sévères à l’inclusion.
  • Un suivi par un.e diététicien.ne est essentiel pour éviter les déficits ou carences nutritionnels que cette étude met en évidence.

Pourquoi ces données sont intéressantes ?

Le SII concerne environ 5% de la population. L’alimentation semble un facteur essentiel de ce syndrome, car 60 à 80% des individus souffrant de SII relient leurs symptômes à leur alimentation. La majorité des études ayant démontré l’efficacité du régime pauvre en FODMAP ont fait le focus sur la première phase de restriction stricte, ou sont des études monocentriques, de petite envergure, de courte durée, ou bien n’ont pas évalué les apports nutritionnels. 

Méthodologie

Des patients issus de six centres de soins basés au Royaume-Uni, ont été suivis plus de 6 mois après avoir reçu des conseils pour un régime pauvre en FODMAP. Ils ont été invités à remplir un questionnaire concernant leurs symptômes et leur vie sociale.

Principaux résultats

Au total, 205 sujets ont rempli le questionnaire évaluant les symptômes gastro-intestinaux, l’acceptabilité et l’observance du régime pauvre en FODMAP, leurs apports nutritionnels et leur qualité de vie. Les trois quart des individus étaient des femmes, âge moyen de la population 50 ans, IMC moyen 26kg/m2. Les patients avaient reçu des conseils diététiques pour un régime pauvre en FODMAP entre 2010 et 2019. Parmi les sujets, 50% souffraient de SII à prédominance diarrhéique, 15% à constipation prédominante, 12% mixte et 23% n’étaient pas classés.

Sur un suivi moyen de 44 mois, 60% des individus déclaraient un soulagement adéquate de leurs symptômes, sans différence significative en fonction du sous-type de SII. 

À long terme, 76% des individus étaient dans la phase de personnalisation du régime pauvre en FODMAP, 6% étaient restés dans la phase restrictive initiale, 9% avaient repris leurs anciennes habitudes alimentaires et 3% étaient passés à un autre régime. Parmi ces sujets, les trois quarts (76%) étaient dans la phase de personnalisation du régime. La diminution des symptômes était significative à long terme chez ceux dont les symptômes avaient été jugés modérés à sévères à l’inclusion.

La majorité des individus sous régime pauvre en FODMAP n’atteignait pas les apports énergétiques recommandés, ni les apports en glucides, lipides et fibres. Les apports en protéines étaient en revanche corrects par rapport aux apports de référence. La majorité des individus sous régime pauvre en FODMAP atteignaient les apports recommandés en folates, thiamine, riboflavine, vitamine C, sodium, magnésium, calcium, phosphore, fer et zinc, mais pas en potassium.

Parmi ceux qui ont suivis un régime pauvre en FODMAP, 57% ont déclaré que faire leurs courses demandait plus de temps, et 75% que ces achats coutaient plus cher et qu’il était plus difficile de manger au restaurant (74%), chez des amis ou de la famille (71%).