Reflux et allergie alimentaire de l’enfant : mise au point européenne

  • Meyer R & al.
  • Pediatr Allergy Immunol

  • Caroline Guignot
  • Résumé d’article
L'accès à l'intégralité du contenu de ce site est reservé uniquement aux professionnels de santé disposant d'un compte. L'accès à l'intégralité du contenu de ce site est reservé uniquement aux professionnels de santé disposant d'un compte.

Chez l’enfant, le rôle de l'allergie alimentaire dans la survenue d’un reflux gastro-œsophagien reste controversé. L’EAACI (European Academy of Allergy and Clinical Immunology) vient de publier des recommandations permettant de faire le point sur le sujet et de proposer des bonnes pratiques diagnostiques et thérapeutiques.

  • Sur le plan diagnostique, le texte reconnaît la difficulté à distinguer les troubles du reflux gastro-oesophagien (TRGO) associés à l'allergie alimentaire de ceux qui ne le sont pas. L’anamnèse clinique et allergique sont donc indispensables et la présence d'autres symptômes gastro-intestinaux non IgE médiés et/ou d’un eczéma peut augmenter la probabilité d’une association entre les deux troubles.
  • L'épaississement des aliments et l’éviction alimentaire doivent être envisagés, sachant qu’une éviction de 2 à 6 semaines du lait de vache doit être suivi d’un test de réintroduction pour confirmer le diagnostic. Ce type d’approche doit être bien expliqué aux patients. Enfin, le texte précise la place des prick tests, de la pH-métrie ou de l’endoscopie dans ces contextes cliniques. Il rappelle les symptômes généraux et gastro-intestinaux qui peuvent être évocateurs, ceux qui peuvent faire penser à un terrain atopique associés, les éléments caractéristiques d’un diagnostic différentiel et les signes qui doivent alarmer et engager à de plus amples investigations (vomissements persistants, nocturnes, vomissements biliaires, hématémèse).
  • Sur le plan de la prise en charge des nourrissons (<1 an), les traitements pharmacologiques des TRGO ne doivent être envisagés qu'après avoir essayé le régime d'éviction ou si les troubles sont avérés par pHmétrie et/ou endoscopie. Chez les enfants ayant plus de 1 an, le traitement pharmacologique peut être envisagé avant le régime d'éviction si l'endoscopie diagnostique une œsophagite. Lorsque le régime d’éviction est infructueux, il faut adresser les enfants à un gastro-entérologue ou un pédo-allergologue Le texte rappelle la place prudente des différentes options thérapeutiques (alginates, anti-H2, ranitidine, inhibiteurs de la pompe à protons…) qui, d’une manière générale doivent être prescrits prudemment, selon l’âge et le type de symptômes de l’enfant.
  • Face à la gestion de l’allergie alimentaire (lait de vache le plus fréquemment, puis soja, œuf et blé), l'allaitement maternel doit être privilégié. Une éviction des aliments concernés ne doit être envisagée que si l'enfant a présenté des symptômes durant l'allaitement. 
    L’éviction doit durer au moins 2 semaines pour qu’une amélioration soit observée, même si celle-ci peut demander jusqu'à 6 semaines.
    Si l’allaitement n'est pas possible ou suffisant, une formule à base d’hydrolysat poussé de protéines est recommandée en première intention, ou une formulation d’acides aminés si la situation clinique est complexe (ralentissement de la croissance, allergie alimentaire multiples…).
    L’éviction d’autres allergènes doit parfois être envisagée lorsque l’amélioration des symptômes est insuffisante ou que d’autres signes digestifs associés à une allergie alimentaire non IgE médiée et/ou une dermatite atopique persistent.
    Le test de réintroduction doit être conduit 6 à 12 mois après amélioration pour valider le diagnostic, et conduit au domicile uniquement en l’absence d'antécédents IgE médiés spécifiques à un aliment et/ou d’allergie alimentaire à médiation IgE.