Référentiel pour la qualité des soins des maladies inflammatoires intestinales : position de l’ECCO

  • Fiorino G & al.
  • J Crohns Colitis
  • 7 févr. 2020

  • Par Caroline Guignot
  • Résumé d’articles
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Si les maladies inflammatoires chroniques de l’intestin (MICI) bénéficient de recommandations de prise en charge, il n’existe pas de référentiel de qualité précis concernant l’organisation des soins relatifs à ces pathologies. Afin de proposer aux structures de soins un référentiel commun, l’ European Crohn’s and Colitis Organisation (ECCO) a mené un travail ayant permis d’établir une liste de 111 critères de qualité de la prise en charge et le suivi des patients. Il a été mené par le biais d’une méthode Delphi auprès d’un panel pluridisciplinaire d’experts membres de l’ECCO. L’organisation reconnaît que peu de centres sont aptes à répondre à l’ensemble des critères finaux, mais propose cette liste comme un référentiel international sur lequel les institutions et les établissements peuvent se baser pour améliorer leurs standards.

Structures, protocoles, suivi

En se fondant sur une recherche bibliographique, l’ECCO a soumis une liste de critères qui ont été évalués comme indispensables, souhaitables ou d’importance limitée.

En matière d’organisation des structures (31 critères), le texte insiste sur la nécessité d’une équipe interdisciplinaire comportant ou travaillant avec des spécialistes des MICI. Au moins un gastroentérologue/endoscopiste, une infirmière, un radiologue, un pathologiste et chirurgien dédiés aux MICI doivent être disponibles pour offrir des capacités diagnostiques et de soins adaptées. La collaboration avec un diététicien est indispensable, et des spécialistes dédiés doivent être disponibles pour prendre en charge les manifestations extra-digestives, les comorbidités et les effets indésirables liés aux traitements.

Sur le plan des procédures (42 critères), le texte préconise que les services dédiés établissent des procédures adaptées avec les services d’urgence et les médecins généralistes notamment, afin de permettre la prise en charge rapide des nouveaux diagnostics ou des formes actives de la maladie. Les services doivent pouvoir proposer un diagnostic par coloscopie, avec une réalisation d’un nombre suffisant de biopsie et au moins deux techniques différentes d’imagerie. La prise en charge des patients doit être associée à une information suffisante des patients, avec un suivi régulier des évènements secondaires, une surveillance du risque infectieux et des informations dédiées notamment pour les femmes envisageant ou conduisant une grossesse. L’implication proactive des patients et un travail avec les associations de patients jouent également un rôle très important pour atteindre les objectifs thérapeutiques et améliorer la qualité des soins.

Enfin, en matière de suivi (38 critères), une grande importance est donnée à la traçabilité des informations relatives aux caractéristiques de la maladie, aux différents éléments de prise en charge qui sont mis en œuvre, ainsi que les moyens de prévention et de suivi des évènements indésirables, infections, comorbidités. Les mesures concernant le sevrage tabagique, les vaccinations, l’exposition aux corticostéroïdes doivent y être documentés.