Récupération post-exercice : la valeur pronostique du tissu adipeux épicardique

  • Monfort A & al.
  • Clin Res Cardiol
  • 18 mars 2019

  • Par Caroline Guignot
  • Résumé d’articles
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À retenir

L’altération de la récupération post-exercice du rythme cardiaque serait liée à l’épaisseur du tissu adipeux épicardique (TAE) selon une étude menée par une équipe française auprès de sujets obèses. En effet, cette étude montre une différence significative en termes d’épaisseur du TAE et de récupération du rythme cardiaque post-exercice (RRC) à 1 et à 3 minutes selon que les patients présentaient ou non un syndrome obstructif d’apnées du sommeil (SAOS). Ils présentaient également une différence en termes de capacité d’oxygénation puisque la différence veinoartérielle du taux d’O 2 et le pic de consommation d’oxygène à l’exercice étaient meilleurs chez les sujets sans SAOS que chez ceux qui en souffraient.

L’épaisseur du TAE et la mauvaise récupération post-exercice ayant été décrites comme associées à un risque accru de morbimortalité cardiovasculaire, il semble que la première, accessible par échocardiographie transthoracique, puisse constituer un marqueur du risque dans ce contexte clinique.

Contexte de l’étude

La littérature décrit l’épaisseur du TAE comme pouvant induire une activation du système sympathique, tandis que l’hyperactivité de ce dernier pourrait majorer le risque cardiovasculaire des patients obèses présentant un SAOS. Étant donné les liens bidirectionnels existant entre SAOS, épaisseur du TAE, et leur résultante en matière de dysfonction sympathique, il était intéressant d’évaluer leur traduction en termes de récupération post-exercice, celle-ci étant également identifiée comme un facteur influençant le risque cardiovasculaire.

Méthodologie

Des patients présentant un IMC >30 kg/m² ont été recrutés dans le service des maladies métaboliques du CHU de Fort-de-France. Ils ont notamment bénéficié d’une polysomnographie, d’une échocardiographie transthoracique et d’une épreuve d’exercice.

Principaux résultats

  • Au total, la cohorte regroupait 17 patients SAOS et 19 patients sans SAOS. Elle comportait 80,6% de femmes, l’IMC moyen était de 41,7 kg/m² et la moyenne d’âge était de 41,7 ans. Dans ces deux groupes, l’index d’apnées/hypopnées (IAH) était respectivement de 33,5 et de 3,1 évènements par heure et l’épaisseur du TAE était de 10,7 contre 6,6 mm (p

  • Au repos, les données cardiopulmonaires étaient similaires. Durant l’épreuve d’exercice, la fréquence cardiaque maximum et celle prédite étaient comparables dans les deux groupes. En revanche, la RRC à 1 et à 3 minutes après la fin de l’exercice était meilleure dans le groupe sans SAOS (respectivement 14,8 contre 6,5% et 26,0 contre 19,4%, pla différence veinoartérielle du taux d’O2 était de 11,4 contre 8,9 mL/100mL dans les groupes sans SAOS et SAOS respectivement (p=0,02), et le pic de consommation d’oxygène à l’exercice était de 16,1 contre 14,3 mL/kg/min (p=0,03).

  • Dans l’analyse multivariée qui a été menée, l’épaisseur du TAE, l’augmentation de l’IAH et la présence d’un diabète de type 2 étaient indépendamment associées à un risque de présenter une RRC à 1 minute diminuée.

Limitations

Etude monocentrique menée auprès d’un petit effectif sans groupe contrôle.