Rectocolite hémorragique : une méta-analyse en réseau compare les biothérapies

  • Singh S & al.
  • Clin Gastroenterol Hepatol
  • 13 janv. 2020

  • Par Caroline Guignot
  • Résumé d’articles
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Messages principaux

  • Chez les patients présentant une rectocolite hémorragique et naïfs de traitement, l’infliximab semble le plus efficace pour induire une rémission clinique ou une amélioration endoscopique.

  • Chez les patients déjà traités par anti-TNF, l’ustékinumab et le tofacitinib sont apparus comme apportant la meilleure capacité à atteindre ces deux objectifs.

  • Sur le plan de la tolérance, le védolizumab était celui qui exposait au plus bas risque d’infection.

Plusieurs méta-analyses ont été menées ces dernières années pour comparer les différents agents biologiques disponibles dans le traitement de la rectocolite hémorragique modérée à sévère de l’adulte. Depuis, l’ustékinumab a été enregistré et plusieurs études cliniques sont parues, notamment celles comparant le védolizumab à l’adalimumab. Il était donc intéressant d’évaluer si les conclusions des précédentes méta-analyses restaient pertinentes.

Traitement d’induction

En première intention (15 études cliniques randomisées ECR, 3.747 sujets naïfs), les données suggéraient que l'infliximab, l'adalimumab, le golimumab, le vedolizumab, le tofacitinib et l'ustékinumab étaient supérieurs au placebo pour l'induction de la rémission clinique. Parmi les différentes comparaisons deux à deux des molécules entre elles, seul l'infliximab est apparu supérieur à l'adalimumab (OR 2,10 [1,16-3,79]). Sur le plan endoscopique, l’infliximab et le védolizumab étaient les plus aptes à induire une amélioration. Enfin, les analyses ont estimé à 31,1%, 17,7%, 23,7%, 22,0%, 19,1% et 18,5% la capacité de l'infliximab, l’adalimumab, le golimumab, le vedolizumab, le tofacitinib et l’ustekinumab respectivement à induire une rémission par rapport au placebo (10%). Ces chiffres étaient respectivement de 58.7%, 40.4%, 42.7%, 51.9%, 46.5% et de 44.4% concernant l’amélioration endoscopique.

En deuxième intention (7 études cliniques randomisées ECR, 1.580 sujets déjà traités par anti-TNF), les données suggéraient que le tofacitinib et l'ustékinumab étaient supérieurs au placebo pour l'induction de la rémission clinique (OR 11,88 [2,32-60,89] et 11,51 [2,65-49,96]). La comparaison des différentes molécules entre elles permet de suggérer que le tofacitinib et l’ustekinumab étaient supérieurs à l’adalimumab et au vedolizumab dans l’induction de la rémission clinique. Parallèlement, le tofacitinib et l’ustekinumab semblaient supérieurs à l'adalimumab et au vedolizumab dans l’obtention d’une amélioration clinique. Enfin, les analyses ont évalué à 3,2%, 5,6%, 26,9% et 26,3% le taux de patients atteignant la rémission clinique sous adalimumab, vedolizumab, tofacitinib et ustekinumab, respectivement, contre 3% sous placebo. Ces chiffres étaient respectivement de 16.3%, 17.7%, 45.4% et de 39.1% pour la rémission endoscopique, contre 15% sous placebo.

Traitement d’entretien

En première intention, l'infliximab, l'adalimumab et le vedolizumab étaient supérieurs au placebo. Parmi les comparaisons directes des traitements entre eux, le vedolizumab était supérieur à l'adalimumab pour le maintien de la rémission clinique et de l'amélioration endoscopique. En seconde intention, le golimumab, le vedolizumab, le tofacitinib et l'ustekinumab étaient supérieurs au placebo pour le maintien de la rémission clinique et l'amélioration endoscopique, mais aucune différence significative n’a été observée entre les différentes molécules actives.

Sécurité

Seules les données en traitement d’entretien ont pu être intégrées à la méta-analyse en réseau: elles montrent que le taux d’infection sérieuse était plus faible sous védolizumab et sous ustékinumab.