Recommandations sur le traitement de l’ostéoporose post-ménopausique


  • Fiche de synthèse
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Recommandations sur le traitement de l’ostéoporose post-ménopausique

Le Groupe de recherche et d’information sur les ostéoporoses (GRIO) de la Société française de rhumatologie a réactualisé, avec d’autres sociétés savantes de chirurgie orthopédique, médecine générale, endocrinologie, gynécologie, gériatrie, les recommandations sur le traitement de l’ostéoporose post-ménopausique datant de 2012 (1).

 

Les points à retenir

Le texte, issu d’une réflexion multidisciplinaire, et centré sur le traitement de l’ostéoporose post-ménopausique (médicaments, prévention des chutes), détaille les différentes séquences thérapeutiques (à envisager d’emblée) avec les rotations autorisées de médicaments.

Il insiste sur les fractures sévères (fémur, humérus, vertèbres, bassin, tibia proximal… ), qui exposent à un excès de mortalité.

La décision de proposer un traitement dépend du risque fracturaire, qui sera évalué en analysant les antécédents de fractures, la valeur de la densité minérale osseuse (DMO) en ostéodensitométrie, le risque de chutes. Des outils comme le FRAX® et les marqueurs de la microarchitecture et du remodelage osseux peuvent être utilisés, mais en 2e intention.   
 

En cas de fracture sévère :

Le traitement est indiqué si le T score est ≤ - 1 (éventuellement demander un avis spécialisé et utiliser les outils de prédiction au-delà de -1) (accord professionnel)

Tous les médicaments sont autorisés :

  • acide alendronique, risédronique, zolédronique ; dénosumab dans les fractures non vertébrales,
  • les mêmes médicaments plus le raloxifène, le tériparatide, le traitement hormonal de la ménopause dans les fractures vertébrales.  

Mais, l’acide zolédronique est à considérer en 1e intention en cas de fracture de hanche (grade A).

Les médicaments à voie d’administration parentérale (acide zolédronique, dénosumab) sont aussi à privilégier en cas de fracture sévère avec DMO très basse, de comorbidités (accord professionnel).

En cas de fracture non sévère (poignet…) :

Le traitement est indiqué si le T score est ≤ 2 (avis spécialisé si > -2 et ≤ -1 ) (accord professionnel).

En l’absence de fracture 

Le traitement est indiqué si le T-score est ≤ - 3 (avis spécialisé si > -3 et ≤ - 2).

Le risque de fracture sera réévalué tous les 2-3 ans.

Les autres mesures thérapeutiques associent, outre la prévention des chutes, des apports calciques de 1 à 1,2 g/j, la prescription de 800 à 1200 UI/j de vitamine D en cas d’insuffisance ou carence.  

 

Ce qui a changé par rapport aux recommandations de 2012 (2)

« Le texte a été simplifié pour répondre à la demande des médecins généralistes et améliorer la prise en charge de l’ostéoporose post-ménopausique. Les données épidémiologiques suggèrent, en effet, un moins bon dépistage et traitement de l’ostéoporose depuis quelques années, notamment s’agissant des fractures sévères », précise le Dr Karine Briot (Hôpital Cochin, Paris) qui a participé à l’élaboration des recommandations 2018 et 2012.

« Les recommandations 2018 ont, par ailleurs, tenu compte des données parues depuis 2012 sur les traitements (tolérance) ».
L’algorithme de prise en charge de 2012 a été remplacé par un tableau, qui détaille les indications du traitement devant des fractures ostéoporotiques sévères ou non sévères, une situation à risque d’ostéoporose sans fracture.

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Autre nouveauté, les meilleures options thérapeutiques sont proposées dans 5 situations cliniques (fracture du col du fémur, 2 fractures vertébrales … ).

Enfin, le texte insiste davantage sur l’importance du traitement médicamenteux et met au second plan la supplémentation par calcium et vitamine D, en raison d’une efficacité non démontrée sur le risque fracturaire.

 

Pour compléter votre lecture, retrouvez l'interview du  Professeur Patrice Fardellone, rhumatologue au CHU d'Amiens, réalisée en juillet 2018. 

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