Recommandations sur l’alimentation adulte en établissement de santé – partie 1


  • Nathalie Barrès
  • Résumé d’articles
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L’alimentation en établissement de santé doit être considérée comme une part essentielle des soins. Un consensus d’experts français a établi 23 recommandations visant à définir chez l’adulte un ensemble d’éléments permettant aux professionnels de santé et de la restauration de rationaliser l’offre alimentaire, les prescriptions d’alimentations thérapeutiques et de se focaliser sur la qualité de l’offre, les besoins et le plaisir du patient.

Le choix des mots

Le terme d’ « alimentation » est dorénavant à préférer à ceux de « régime » ou de « diète » connotant trop souvent une notion de restriction. Cette alimentation peut être « standard » ou « thérapeutique ». 

Une offre adaptée

Ces recommandations mettent en avant l’importance de permettre au patient d’avoir plusieurs choix afin de favoriser la prise d’un repas qui conviendra à ses goûts, ses habitudes de vie et à sa maladie. Par ailleurs, des données indiquent que le choix pourrait également contribuer à diminuer le gaspillage alimentaire. L’alimentation standard doit permettre de répondre aux recommandations pour la prévention et la promotion de la santé. C’est-à-dire, couvrir les besoins nécessaires à la préservation de l’état nutritionnel et d’hydratation de l’individu. 

Or, il est fort probable qu’une alimentation standard permettant de répondre à cet objectif pour la population générale ne convienne pas aux besoins spécifiques de nombreux patients hospitalisés dénutris ou à risque de dénutrition. D’où l’intérêt d’une évaluation nutritionnelle initiale et d’une alimentation thérapeutique adaptée. 

À défaut de pouvoir mettre en place une alimentation personnalisée, les experts proposent d’utiliser la règle des 30 kcal/kg/j (même chez les personnes âgées) pour établir la cible énergétique alimentaire quotidienne, avec un minimum de 2.000 kcal/j. Ils recommandent également que les valeurs nutritionnelles (énergétiques, protéines, lipides, glucides) de l’offre alimentaire soient accessibles au prescripteur et au diététicien. 

La prescription de l’alimentation doit se faire dès l’admission du patient, être adaptée à la situation clinique et faire l’objet d’une réévaluation au cours de l’hospitalisation et au moment de la sortie par le prescripteur et au besoin par un diététicien et/ou un médecin nutritionniste.

Le cumul de plusieurs restrictions alimentaires peut s’avérer complexe à la réalisation du plateau de repas, c’est pourquoi il est recommandé de ne pas combiner plus de deux alimentations thérapeutiques restrictives en raison du risque de dénutrition. L’adaptation de l’offre alimentaire passe également par son fractionnement en proposant plus de trois repas par jour et en adaptant les textures selon les recommandations internationales. 

 

La partie 2 de ces recommandations abordera les préconisations spécifiques des alimentations thérapeutiques.