Recommandations européennes pour la prise en charge de l’hypertension artérielle


  • Fiche de synthèse
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La Société européenne d’hypertension artérielle (ESH) et la Société européenne de cardiologie (ESC) ont publié, le 25 août 2018, de nouvelles recommandations de prise en charge de l’hypertension artérielle (1).  

Les points à retenir

L’HTA est définie par des chiffres tensionnels ≥ 140 et/ou 90 mmHg, au cabinet médical, et est classée en 3 stades : 1 (140-159 et/ou 90-99 mmHg au cabinet ), 2 ( 160-179 et/ou 100-109 mmHg), 3 ( ≥ 180 et/ou ≥ 110 mm Hg), dont la prise en charge diffère.

L’HTA systolique correspond à une pression artérielle (PA) ≥ 140 et

Les patients non hypertendus sont classés comme ayant une PA optimale (

Dans un objectif de dépistage, la PA doit être mesurée, au moins tous les 5 ans chez les adultes avec une PA optimale, au moins tous les 3 ans en cas de PA normale, au moins annuellement en cas de PA normale haute. 

L’objectif tensionnel à viser est au minimum de 140/90 mm Hg au cabinet et, le plus souvent, d’au minimum 130/80 mm Hg.

Les mesures hygiéno-diététiques sont conseillées dans toutes les classes d’HTA.

Pour le traitement médicamenteux, un comprimé unique est privilégié chez la majorité des patients pour améliorer le contrôle tensionnel.

A l’exception des patients âgés fragiles, de ceux avec une HTA de stade 1 et une PA systolique

Les combinaisons préférentielles initiales reposent sur l’association d’IEC ou ARAII avec des inhibiteurs calciques et/ou un diurétique thiazidique ou apparenté, l’emploi des bêta-bloquants étant réservé à des indications spécifiques (HTA avec angor, post-infarctus…).

Les étapes suivantes reposent sur l’utilisation de spironolactone, ou d’autres médicaments (alpha-bloquants…), le patient devant être adressé à un centre spécialisé.

L’utilisation de dispositifs médicaux (dénervation rénale, stimulation du barorécepteur …) reste non recommandée, en dehors d’essais cliniques.

Ce qui a changé par rapport aux recommandations de 2013 (2)

La définition et la classification de l’HTA restent les mêmes et continuent de reposer sur la mesure au cabinet. Mais, l’intérêt de la mesure ambulatoire de la PA  est mis en avant (HTA définie par une PA ≥ 135/85 mm Hg en MAPA de jour ou en automesure au domicile), ce notamment pour éliminer un effet « blouse blanche ».

Le risque cardiovasculaire global est davantage pris en compte.

Les objectifs tensionnels ont été renforcés : 130/80 mm Hg le plus souvent, et adaptés, notamment en fonction de l’âge et des comorbidités associées. Le traitement anti-hypertenseur est ainsi moins conservateur chez les sujets âgés en 2018 qu’en 2013.

Les indications du traitement médicamenteux ont été élargies, celui-ci pouvant désormais être proposé à des patients avec une PA normale haute, à très haut risque cardiovasculaire.

La bithérapie devient le standard thérapeutique en 1e ligne.

L’importance de l’observance thérapeutique est soulignée (comprimé unique en début de traitement, rôle des infirmiers et pharmaciens dans l’éducation des patients).

 

Pour compléter votre lecture, retrouvez l'interview du Professeur Michel Azizi, Cardiologue & Responsable de l'Unité d'Hypertension Artérielle de l'hôpital européen Georges Pompidou.