Recommandations du CNGOF : contraception hormonale et cancers

  • Pragout D & al.
  • Gynecol Obstet Fertil Senol
  • 29 oct. 2018

  • Par Nathalie Barrès
  • Résumé d’articles
L'accès à l'intégralité du contenu de ce site est reservé uniquement aux professionnels de santé disposant d'un compte. L'accès à l'intégralité du contenu de ce site est reservé uniquement aux professionnels de santé disposant d'un compte.

Les recommandations du CNGOF reviennent spécifiquement sur les risques de cancer sous contraception hormonale. Si ces données font parties des informations à transmettre aux patientes non atteintes de cancer et sans facteur de risque particulier, elles ne modifient pas la prescription d’une contraception. En effet, les bénéfices en termes contraceptifs restent supérieurs aux risques dans ce contexte. Le choix du contraceptif se fera en tenant compte de la balance bénéfice/risque au niveau individuel.

Cancer du sein : 

Une augmentation modérée du risque de cancer du sein est retrouvée en cours d’utilisation de la contraception oestroprogestative (niveau de preuve 1-NP1). Cette augmentation de risque diminue après l’arrêt de la contraception hormonale (NP1). Pour les contraceptions microprogestatives orales, bien que les données soient moins nombreuses et contradictoires, celles-ci pourraient présenter une augmentation également modérée du risque de cancer du sein (NP2). Le risque serait également augmenté sous DIU-LNG à 52 mg (NP2). En revanche, les données liées au Dépôt-MPA et à l’implant progestatif sont peu nombreuses et ne permettent pas de conclure.

Cancer de l’endomètre :

La prise d’une contraception oestroprogestative entrainerait une diminution du risque de cancer de l’endomètre (NP1) de 30 à 50% selon les études, ainsi que sous DIU-LNG à 52 mg (NP3). En revanche, les données de la littérature sont insuffisantes pour établir le risque sous macroprogestatif.

Cancer de l’ovaire :

La contraception oestroprogestative entrainerait une diminution du risque de cancer de l’ovaire (NP1) de 30 à 50% selon la durée de la prise et avec un effet-durée. Cet effet est prolongé après l’arrêt. La diminution du risque est retrouvée sous DIU-LNG également (NP3).

Cancer de l’utérus :

La contraception orale, notamment pour des durées de prise prolongées, est associée à une augmentation du risque de cancer infiltrant du col de l’utérus, avec un impact qui semble s’estomper après l’arrêt (NP2). L’impact des autres contraceptions hormonales n’est pas connu à ce jour.

Cancer colorectal :

Une réduction de 19% du risque de cancer colorectal a été mise en évidence chez les utilisatrices de contraception orale, un effet qui semble s’estomper dans les 10 ans après l’arrêt et sans effet durée retrouvé (NP2). L’impact des autres contraceptions orales n’est pas connu.

Mélanome :

Les donnée récentes viennent contredire les résultats des études cas-témoins des années 1970 et 1980. Les dernières études sont plutôt rassurantes quant au risque de mélanome cutané lié à l’utilisation des oestroprogestatifs (NP2). L’impact des autres contraceptions hormonales n’est pas connu.

Cancer hépatocellulaire :

Les méta-analyses les plus récentes ne mettent pas en évidence d’association entre contraception hormonale et le risque de cancer hépatocellulaire (NP2).

Cancer de la thyroïde :

Le risque de cancer de la thyroïde ne serait pas augmenté sous contraception orale (NP2), voire il existerait une tendance à la réduction du risque.

Cancer du poumon :

S’il n’existe pas d’association importante entre contraception orale et risque de cancer du poumon, un léger sur-risque chez les fumeuses ne peut être totalement exclu (NP2). L’impact des autres contraceptions hormonales n’est pas connu.

Tumeurs du système nerveux central (SNC) :

Aucune augmentation du risque de tumeur du SNC n’a été retrouvée (NP2).

Hémopathies :

Il ne semble pas exister d’augmentation des risques d’hémopathies en lien avec la prise d’une contraception hormonale (NP2), voire une réduction pourrait être possible (NP2). L’impact des autres contraceptions hormonales n’est pas connu.