Recommandations de la HAS sur la prise en charge des épisodes dépressifs de l’adulte


  • Fiche de synthèse
L'accès à l'intégralité du contenu de ce site est reservé uniquement aux professionnels de santé disposant d'un compte. L'accès à l'intégralité du contenu de ce site est reservé uniquement aux professionnels de santé disposant d'un compte.

Recommandations de la HAS sur la prise en charge des épisodes dépressifs de l’adulte

La Haute autorité de santé a conçu, en octobre 2017, de nouvelles recommandations pour la prise en charge des épisodes dépressifs de l’adulte en premier recours (1).

 

Les points à retenir

Le texte précise les critères de définition d’un épisode dépressif (ED) de l’adulte :

  • 2 symptômes principaux parmi les 3 suivants : humeur dépressive, perte d’intérêt, fatigabilité

    +  

  • au moins 2 des symptômes suivants : diminution de la capacité de concentration, de la confiance en soi, sentiment de culpabilité, idées suicidaires, agitation ou ralentissement, troubles du sommeil, perte d’appétit….

Le nombre des symptômes, l’impact sur les activités sociales augmentent avec le niveau de sévérité de l’ED.

Il est essentiel d’évaluer ce niveau de sévérité de l’ED, qui conditionne le traitement.

Le risque suicidaire (qui est accru après 75 ans, en cas d’isolement, d’antécédents de suicide…), doit être évalué en interrogeant le patient (ce qui n’accroît pas le danger) : Avez-vous déjà pensé à mourir ?

Une hospitalisation (y compris parfois sans le consentement du patient) est conseillée en cas de risque suicidaire élevé. Elle peut aussi être indiquée dans des ED d’intensité sévère associés à des symptômes psychotiques ou somatiques, chez des patients agités, devant être sevrés d’une substance psychoactive.

La psychothérapie de soutien est le traitement de 1e intention des ED d’intensité légère et sera envisagée en priorité dans les ED d’intensité modérée, en association avec un éventuel traitement antidépresseur. Elle peut être réalisée par le médecin généraliste ou un psychothérapeute.

Le traitement antidépresseur est proposé d’emblée dans les ED d’intensité sévère, en association à la psychothérapie. Ces patients seront orientés rapidement vers un psychiatre.

Le traitement antidépresseur repose en 1e intention sur les ISRS* et les IRSN**, en 2e intention sur les tricycliques, rarement sur les IMAO***, et peut être associé à l’administration de benzodiazépines pendant 2 semaines en cas d’anxiété.

Son efficacité est évaluée après 4 à 8 semaines.

Il sera maintenu 6 mois à 1 an après obtention d’une rémission complète dans les ED d’intensité sévère.

 

*Inhibiteurs sélectifs de la recapture de la sérotonine

**Inhibiteurs de la recapture de la sérotonine et de la noradrénaline

*** Inhibiteurs de la monoamine oxydase

 

 

Ce qui a changé par rapport à la recommandation de l’ANAES de 2002 (2)

Le texte, plus détaillé et plus pratique que celui de 2002, est avant tout destiné aux professionnels de santé de premier recours et aborde plus particulièrement le rôle des médecins généralistes. Ce qui n’était pas le cas des recommandations précédentes.

Ses objectifs ont été recentrés sur l’identification des patients atteints d’épisode dépressif (ED), l’amélioration de leur qualité de vie, la prévention du risque suicidaire.

La nécessité d’évaluer le niveau d’intensité de l’ED et de déterminer le degré d’urgence du risque suicidaire sont davantage mis en avant.

Le texte 2018 est enrichi de tableaux précisant les critères de sévérité d’un ED, les degrés de risque suicidaire, de modèles de phrases pour communiquer avec le patient afin d’évaluer le risque suicidaire.

De nouveaux algorithmes résument la stratégie thérapeutique à adopter selon l’intensité de l’ED (légère, modérée, ou sévère).

Par ailleurs, des chapitres spécifiques sont consacrés aux ED des sujets âgés et des femmes enceintes ou allaitantes.