Recommandations CNGOF : état des lieux de la contraception en France

  • Vigoureux S & al.
  • Gynecol Obstet Fertil Senol
  • 8 nov. 2018

  • Par Nathalie Barrès
  • Résumé d’articles
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Les premières recommandations globales d’aide à la pratique clinique en contraception, promues par le Collège nationale des gynécologues et obstétriciens français (CNGOF), viennent d’être publiées dans la revue Gynécologie Obstétrique Fertilité & Sénologie. Elles répondent à 12 questions pratiques : épidémiologie, interactions avec les contraceptifs, consultation en contraception, contraception d’urgence, bonnes pratiques du DIU, contraception et risque vasculaire, contraception et cancer, contraception hormonale, contraception de l’adolescente, contraception de la femme de ≥40 ans, place des méthodes locales et naturelles, et enfin, bénéfices additionnels et futurs de la contraception.

Quelques données chiffrées

L’efficacité contraceptive en pratique diffère de l’efficacité théorique (respectivement 97,6% et 99,7% pour la contraception orale en France), et pour la pilule, l’échec contraceptif est principalement le fait d’un défaut d’observance. L’efficacité pratique de la contraception quelle qu’elle soit (pilule, préservatif, dispositif intra-utérin, retrait ou méthode de connaissance de la fertilité) diminue avec le temps. Le taux d’abandon de la contraception orale après une année d’utilisation serait de 30%.

Si le taux de recours à la contraception d’urgence a augmenté depuis 2000 en France, en parallèle, les pratiques contraceptives n’ont pas changé et le taux d’IVG n’a pas diminué.

Le choix de la méthode de contraception évolue au cours de la vie. La tendance suivante peut être décrite : préservatifs en début de vie sexuelle, pilule lorsque la relation se stabilise, puis dispositif intra-utérin (DIU) une fois le nombre d’enfants désirés atteint.

2012 : la crise de la pilule impacte les françaises…

En 2012, la médiatisation de la plainte d’une jeune femme utilisatrice d’une contraception orale de nouvelle génération et victime d’un AVC provoque un phénomène de méfiance des femmes vis-à-vis de la pilule. L’utilisation des pilules de 3et 4génération – principales incriminées – connaît une forte chute. Les femmes se retournent alors vers les pilules de 2nd génération et d’autres, encore plus nombreuses, vers le DIU, le préservatif, les méthodes traditionnelles ou naturelles (principalement le retrait). Malgré cette baisse, qui continue encore aujourd’hui, la pilule reste le moyen de contraception le plus utilisé (36,5%) devant le dispositif intra-utérin (31,6%), le préservatif. 

Autre inquiétude des femmes, le risque de cancer sous contraception hormonale. Les données de la littérature montrent une diminution de la mortalité par cancer de l’ovaire et par cancer en général sous contraception hormonale. Quant à l’augmentation de la mortalité secondaire au cancer du sein, elle reste controversée.

Messages clés à retenir et à transmettre

Les recommandations du CNGOF préconisent d’informer les femmes/couples :

  • qu’il existe une différence entre l’efficacité théorique et l’efficacité pratique de la contraception (Grade B) et que le risque d’échec augmente avec le temps (Grade C) ;
  • que le risque d’échec d’une méthode contraceptive est d’abord lié à une mauvaise utilisation de la méthode (Grace C) ou à la prescription d’une méthode inadaptée aux conditions de vie et de sexualité ;
  • de l’importance de l’observance et de l’accessibilité de la contraception en général et notamment de la délivrance gratuite de la contraception d’urgence (Grade C) ;
  • que la mortalité toute causes confondues (Grade B) n’est pas associée à la prise d’une contraception et qu’il faut évaluer à chaque âge la balance bénéfice/risque (risque Grade B) pour effectuer un choix adapté, personnalisé et conforme au choix de la femme.

Il est recommandé de : 

  • proposer l’ensemble des contraceptifs à une femmes présentant une obésité sans autre facteur de risque (Grade B) et de leur faciliter l’accès à la contraception (Grade C) ;
  • fournir une information sur toutes les possibilités contraceptives aux femmes utilisant des substances toxiques. Les contraceptions réversibles de longue durée d’action semblent les plus adaptées, si les femmes le souhaitent, en cas de risque de mauvaise observance (Grade C).