Récidive de thromboembolie veineuse (TEV) avant 50 ans : qui est le plus à risque ?

  • de Moreuil C & al.
  • Eur J Intern Med

  • Nathalie Barrès
  • Résumé d’articles
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À retenir

Une étude française livre de premiers résultats sur les facteurs favorisant une récidive d’événement thromboembolique veineux (TEV) avant 50 ans après arrêt d’une thromboprophylaxie :

  • dans les 7 premières années après un premier épisode de TEV, une récidive est survenue chez 3 hommes sur 10 et un peu plus d’une femme sur 10 ;
  • l’âge moyen de la récidive, la fréquence des antécédents familiaux et le site de récidive étaient semblables entre les hommes et les femmes ;
  • bien que le premier épisode de TEV chez la femme soit en rapport avec l’imprégnation hormonale (contraceptif, grossesse), le risque annuel absolu de récidive en lien avec celle-ci reste rare (<2%),

Pourquoi est-ce important ?

Après une première prophylaxie thromboembolique, il est important d’évaluer le risque de récidive de TEV afin d’arrêter ou de prolonger le traitement. Si la décision de l’arrêt du traitement est aisée après une TEV provoquée, il en va autrement dans les autres cas. Cependant, maintenir le traitement expose le patient à un risque de saignement en particulier chez les moins de 50 ans. D’où l’intérêt d’essayer de mieux cerner les facteurs favorisants.

Méthodologie

Cette étude de cohorte multicentrique prospective française porte sur 875 patients inclus consécutivement (315 hommes et 560 femmes) depuis mai 2000 et ayant eu un premier épisode de TEV symptomatique à moins de 50 ans. Ces sujets ont été suivis aussi longtemps que possible (la cohorte reste ouverte).

Principaux résultats

Entre mai 2000 et février 2020, 2.141 hommes et 2.355 femmes ayant eu une TEV symptomatique ont été enrôlés de manière consécutive dans cette cohorte de suivi. Parmi eux, 315 hommes et 560 femmes ayant eu un premier épisode de TEV avant 50 ans et suivis au moins un an ont été inclus dans les analyses. À l’inclusion, les hommes étaient globalement plus âgés (38 versus 32,5 ans), plus souvent fumeurs (41,3 versus 30,2%), avaient un IMC plus important (26,1 versus 25,4 kg/m2) et avaient plus de comorbidités que les femmes (notamment des maladies cardio-vasculaires (2,5% versus 0,2%).

Le premier épisode de TEV était majoritairement non provoqué chez les hommes (80,6%) et lié à l’imprégnation hormonale chez les femmes (79,1% ; 57,9% en lien avec un traitement contraceptif et 19,9% en lien avec une grossesse ou une période post-partum).

Sur un suivi médian de 7 années, le taux de récidive de TEV était de 30,8% (n=97) chez les hommes et 12,9% (n=72) chez les femmes. Si l’on considère le sous-groupe des patients ayant eu une TEV non provoquée, il n’y avait pas de différence en termes de taux de récidive entre les hommes et les femmes (5,8% versus 3,8%, p=0,09). Le taux annuel absolu de récidive de TEV était inférieur chez les femmes ayant eu un premier évènement en lien avec l’imprégnation hormonale que chez les femmes ayant eu un premier épisode non provoqué ou provoqué mais pas par l’imprégnation hormonale (respectivement 1,4%, 3,8% et 3,4%).

Chez les femmes, la durée du traitement hormonal pris avant le premier épisode de TEV n’a pas impacté le risque de récidive. En analyse multivariée, la TEV non provoquée et les antécédents familiaux de TEV étaient indépendamment associés à la récidive de TEV (hazard ratio 2,50 [1,61-3,85] et 1,52 [1,11-2,09]).

Principales limitations

Ces analyses portent sur un nombre limité de femmes ayant eu une TEV non provoquée.