Rattrapage vaccinal : comment faire concrètement ?


  • Fanny Le Brun
  • Actualités Médicales
L'accès à l'intégralité du contenu de ce site est reservé uniquement aux professionnels de santé disposant d'un compte. L'accès à l'intégralité du contenu de ce site est reservé uniquement aux professionnels de santé disposant d'un compte.

À retenir :

  • La HAS vient de publier des recommandations et fiches de synthèse sur la conduite à tenir en termes de rattrapage vaccinal en population générale et chez les migrants primo-arrivants
  • Toutes les doses de vaccins déjà reçues doivent être prises en compte si l’âge minimal, l’intervalle et la dose ont été respectés
  • Les vaccins combinés sont à privilégier et il est possible de réaliser jusqu’à quatre injections le même jour
  • Un intervalle de 4 semaines entre deux séances d’injection n’est à respecter que pour les vaccins vivants viraux
  • Il n’est pas dangereux d’administrer un vaccin à une personne éventuellement déjà immunisée vis-à-vis de la maladie concernée

La Haute autorité de santé (HAS) vient de publier des recommandations et fiches de synthèse sur la conduite à tenir en termes de rattrapage vaccinal chez les patients dont le statut est incomplet, inconnu ou incomplètement connu. Ces recommandations concernent la population générale mais aussi les migrants primo-arrivants. Leur objectif est notamment de préciser les modalités pratiques du rattrapage ainsi que la place des sérologies dans ces circonstances.

On peut par exemple noter que :

  • Toutes les opportunités de vérification du statut vaccinal et de mise en place d’un rattrapage doivent être saisies (consultation pour un autre motif, scolarité, hospitalisation, visite d’embauche…).
  • Toutes les doses de vaccins déjà reçues doivent être prises en compte, quel que soit le délai écoulé depuis la dernière dose reçue, à partir du moment où l’âge minimal, l’intervalle minimal entre les doses et la dose d’antigène recommandée pour l’âge ont été respectés.
  • L’utilisation de vaccins combinés doit être privilégiée si l’âge du patient correspond à leur indication, afin de limiter le nombre d’injections.
  • Il est possible de réaliser jusqu’à quatre injections au cours d’une séance de vaccination. Il faut alors utiliser des sites différents espacés d’au moins 2,5 cm, en privilégiant les deltoïdes chez les grands enfants et les adultes et la face antérolatérale de la cuisse chez les nourrissons (la fesse est à proscrire).
  • Après une vaccination BCG, ne pas vacciner pendant 3 mois sur le même membre.
  • Tous les vaccins peuvent être administrés le même jour ou à n’importe quel intervalle à l’exception des vaccins vivants viraux qui doivent être administrés soit le même jour, soit en respectant un intervalle de 4 semaines. En revanche, la coadministration entre un vaccin contre la fièvre jaune et un vaccin ROR (rougeole-oreillons-rubéole) doit être évitée et un délai minimum de 4 semaines est recommandé entre ces vaccins.
  • En cas de statut vaccinal inconnu, un rattrapage vaccinal est indiqué sachant qu’il n’est pas dangereux d’administrer un vaccin à une personne éventuellement déjà immunisée vis-à-vis de la maladie concernée. Une réactogénicité accrue est toutefois possible en cas d’administration de doses excédentaires de vaccins à base d’anatoxines tétaniques ou d’antigènes diphtériques, mais cela reste peu fréquent et n’entraîne pas de complications. Cependant, en cas de survenue d’un œdème étendu du membre ou d’un phénomène de type Arthus (réaction inflammatoire locale cutanée liée à un excès d'antigènes), il faudra interrompre la vaccination DTPCa/dTPca et proposer un dosage des anticorps antitétaniques.
  • Le dépistage de l'hépatite B en prévaccinal quand il est indiqué ainsi que le dosage des anticorps antitétaniques et des anticorps anti-HBs en post-vaccinal 4 à 8 semaines après une injection peuvent être utilisés pour guider le rattrapage vaccinal. Les autres sérologies (rougeole, diphtérie…) et les tests rapides (tétanos, anti-HBs, anti-HBc) ne sont pas recommandés.

Pour plus de détails, par exemple sur le nombre de doses nécessaires selon l’âge lors du rattrapage et sur les sérologies, ces recommandations et fiches de synthèse peuvent être consultées sur le site de la HAS, avec des exemples concrets.