Rapport Morlat 2018 : recommandations de prise en charge du VIH


  • Caroline Guignot
  • Actualités Médicales
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Les recommandations du groupe d’experts concernant la prise en charge du VIH, confiée au professeur Philippe Morlat par le Conseil national du sida et des hépatites virales (CNS) et l’Agence nationale de la recherche sur le sida et les hépatites virales (ANRS) font désormais l’objet de réactualisations régulières chapitre par chapitre. Les dernières ont eu lieu au premier semestre 2018 et ont concerné la prévention et le dépistage, l’initiation d’un premier traitement antirétroviral, le suivi de l’adulte vivant avec le VIH et l’organisation des soins, les prophylaxies et traitements curatifs, le désir d’enfant et la grossesse. Retour sur quelques points d’actualité.

Dépister plus et de façon plus large

  • Le dépistage du VIH reste insuffisant, notamment parmi la frange la plus jeune des hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes (HSH). Les recommandations d’un dépistage annuel pour les populations les plus à risque -HSH, usagers de drogues injectables, personnes originaires de pays à forte prévalence- sont intensifiées pour passer à un dépistage trimestriel auprès des HSH à haut risque (issus des régions à plus forte prévalence : Ile-de-France, PACA, Rhône-Alpes, départements français d’Amérique).
  • Autant que possible, le dépistage doit être élargi au VHB et VHC et concerner également le partenaire.
  • Les autres IST (chlamydia, gonocoque, syphilis) doivent faire l’objet de dépistage réguliers, dont l’indication et la fréquence dépendent du profil et de l’âge de la personne. Les lésions HPV-induites doivent aussi être recherchées par frottis cervicovaginal tous les 3 ans après deux résultats négatifs à un an d’intervalle.

Tasp et Prep : prévention de l’infection

  • Le rapport confirme l’importance du Tasp ( treatment as prevention ) dans la prévention de la transmission de l’infection lorsqu’une charge virale indétectable est obtenue après 6 mois d’un traitement antirétroviral efficace associé à un suivi régulier.
  • Parallèlement la Prep ( Prophylaxie pré-exposition ) peut être proposée à toutes les personnes HSH ou trans à haut risque d’infection et celles en situation de vulnérabilité exposées à des relations non protégées avec une personne VIH non traitée.
  • En cas de désir d’enfant, le Tasp, s’il permet d’obtenir une charge virale indétectable, peut suffire pour envisager une procréation naturelle lorsque l’un des partenaires est séropositif.

Vieillir avec le VIH

Le rapport insiste sur le vieillissement de la population des personnes VIH et la nécessité d’une prise en charge globale, dans le cadre de laquelle la prévalence du tabagisme, de l’HTA, du surpoids… sont à intégrer. La population VIH vieillissante est une population souvent fragile sur le plan socio-économique. Les solutions d’hébergement (EHPAD, maisons de retraite…) doivent être formées car trop de réticences existent encore, rendant leur institutionnalisation difficile.