Rappel anti-COVID pour tous, nouvelles règles pour le pass sanitaire et le port du masque : les annonces d’Olivier Véran

  • Stéphanie Lavaud

  • Nathalie Barrès
  • Actualités Médicales par Medscape
L'accès à l'intégralité du contenu de ce site est reservé uniquement aux professionnels de santé disposant d'un compte. L'accès à l'intégralité du contenu de ce site est reservé uniquement aux professionnels de santé disposant d'un compte.

Face à un virus qui circule vite, partout, en France et dans le monde, Olivier Véran a annoncé de nouvelles mesures concernant la vaccination, le pass sanitaire et les gestes barrières, à l’occasion d’une conférence de presse. En résumé, le rappel vaccinal contre le Covid est désormais ouvert à toutes personnes de plus de 18 ans, dès 5 mois après la deuxième dose. A compter de mi-janvier, la validité du pass sanitaire sera conditionnée à la réalisation de ce rappel. Aussi, la validité des tests pour les non-vaccinés se limite désormais à 24 heures, par ailleurs, le masque est de nouveau exigé en intérieur et en extérieur dans certains cas.

 

Un pic de patients hospitalisés en soins critiques attendu dès début décembre

Le ministre de la santé a prévenu, « la France connait à son tour une 5ième vague qui sera sans conteste plus forte et plus longue que celle survenue cet été » car s’il s’agit toujours majoritairement du variant delta, les conditions climatiques automnales lui sont plus favorables, et le temps passé en intérieur plus important que celui passé en extérieur. Pour autant, il n’y a « aucune fatalité face à ce Covid », a assuré Olivier Véran car « depuis deux ans, la donne a changé et nous avons les moyens de nous prémunir individuellement et collectivement des conséquences dramatiques des premières vagues ».

Grâce à ses atouts, et notamment une « couverture vaccinale parmi les plus fortes au monde », la France fait le choix de « concilier liberté et responsabilité » plutôt que prendre des mesures restrictives comme le font les pays voisins, a-t-il affirmé. « Nous considérons aujourd’hui que nous pouvons encore passer cette vague sans recourir aux outils les plus contraignants si nous savons utiliser pleinement les cartes que nous avons en main », a assuré le ministre.

Et ce, alors que l’«Europe est redevenue l’épicentre de la pandémie », comme l’a rappelé le Pr Jérôme Salomon, qui dirige la Direction générale de la santé. L’Europe représente d’ailleurs désormais 67% des contaminations recensées dans le monde. Bien que moins durement frappée que ses voisins, toute la France métropolitaine est désormais touchée « de façon homogène avec une incidence en forte hausse (taux d’incidence de 193, et R effectif : 1,6) » a précisé le Pr Salomon, ajoutant que « si les gros efforts faits par les Français ont permis de retarder l’arrivée de cette cinquième vague par rapport aux pays voisins, le virus va continuer à circuler activement dans les semaines à venir ».

Une modélisation de l’Institut Pasteur prévoit même un pic de patients atteints de Covid grave hospitalisés en soins critiques « dès début décembre, donc la semaine prochaine en France métropolitaine », a prévenu le responsable de la DGS.

 

Rappel vaccinal ouvert à tous les adultes dès 5 mois après la dernière injection

Pour anticiper ce pic, autant que possible, et juguler cette nouvelle vague épidémique, le gouvernement renforce donc un certain nombre de mesures préventives. Les premières concernent la vaccination, au travers de l’élargissement de l’éligibilité du rappel à l’ensemble de la population adulte, selon l’avis rendu ce jour par la Haute autorité de santé.

« Il ne faut pas en douter, le vaccin nous protège individuellement et collectivement », a rassuré Olivier Véran. « Sans la couverture vaccinale importante – 90% des plus de 12 ans sont vaccinés – nous serions déjà foudroyés, submergés par la vague épidémique parce que le variant delta est très contagieux, beaucoup plus que le Covid-19 du début et, à cette heure-ci, nous serions à l’évidence déjà probablement tous confinés ».

Mais voilà, l’efficacité du vaccin diminue avec le temps – « un phénomène classique avec les vaccins », a-t-il précisé. Mais sachant qu’avec les vaccins contre le Covid, un rappel permet de « réactiver la mémoire immunitaire et d’avoir une démultiplication de l’efficacité de l’immunité », les autorités scientifiques en France et à l’étranger considèrent désormais que ce rappel est utile chez tous les adultes, dès 18 ans, et dès 5 mois après la dernière injection ou après avoir été infecté (voir argumentaire ici).

« La première annonce est donc que le rappel vaccinal sera ouvert à tous les adultes âgés de plus de 18 ans et plus dès 5 mois après leur dernière injection ».

Une mesure qui concerne 25 millions de Français à date, dont 6 millions ont déjà reçu le rappel. Cette mesure entre en application dès ce samedi (27/11), sans aucun problème de disponibilité de vaccins – 25 millions de vaccins à ARNm sont actuellement stockés.

Ces rappels pourront se faire auprès de tous les professionnels de santé habilités à vacciner en ville, qui peuvent désormais commander autant de doses de vaccins qu’ils le souhaitent, ainsi que dans les 1100 centres de vaccination qui maillent le territoire et qui vont être renforcés en nombre et en capacité.

 

Quid de la vaccination contre le Covid des enfants ?

L’Agence européenne des médicaments a donné ce jour sa validation à la vaccination des 5-11 ans par le vaccin Pfizer. « Le Comité consultatif national d’éthique et la Haute Autorité de Santé vont donc être immédiatement saisis de cette question », a annoncé le ministre de la santé en sachant que si la vaccination des enfants était autorisée, celle-ci ne « commencerait pas avant le début de l’année 2022 car il faudra disposer de dilutions adaptées aux enfants ».

 

Pass sanitaire : les règles deviennent plus contraignantes 

La deuxième mesure annoncée par le gouvernement concerne le pass sanitaire, dont les règles se durcissent quelque peu. A partir du 15 janvier, celui-ci ne sera plus actif pour tous les adultes si le rappel n’a pas été effectué dans un délai de 7 mois après la dernière injection. « A 5 mois de votre dernière injection, vous aurez ainsi 2 mois pour vous faire vacciner et garder le bénéfice de votre pass sanitaire » a précisé Olivier Véran.

Par ailleurs, à compter de lundi prochain (29/11), les tests PCR et antigéniques qui donnent accès au pass sanitaires pour celles et ceux qui ne sont pas vaccinés seront valables 24 heures. « Très concrètement si vous n’êtes pas encore vaccinés et que vous souhaitez bénéficier du pass sanitaire, vous devrez vous faire tester tous les jours, à vos frais (sauf symptomatique avec ordonnance du médecin ou reconnu cas-contact par l’Assurance maladie) ».

 

Les gestes barrières reprennent du service

En plus de la vaccination et du pass sanitaire, Olivier Véran a tenu à évoquer les gestes barrières, des « petites contraintes du quotidien qui sont les clés de notre liberté ». « Loin d’être dérisoires, ils sont des outils inestimables dans le fait de freiner la propagation du Covid », a-t-il estimé en prônant le retour des bonnes habitudes qui ont été un peu délaissées ces derniers temps. « Le gel hydro-alcoolique doit faire son retour. Nous n’en manquons pas, il faut donc en consommer un maximum », a-t-il asséné. Idem pour le masque progressivement ôté, notamment entre personnes vaccinées. A compter de ce vendredi 25, un décret le rendra à nouveau obligatoire partout en intérieur dans les lieux couverts par un pass sanitaire. Les préfets seront aussi habilités, département par département, à rendre obligatoire le port du masque en extérieur pour des événements comme les marchés de Noël, pour lesquels un pass sanitaire sera désormais exigé.

« Vaccination, pass sanitaire, gestes barrières, nous avons d’ores et déjà, les armes pour combattre cette nouvelle vague », a indiqué le ministre de la santé. Il a, par ailleurs, annoncé l’arrivée prochaine dans les officines de ville du molnupivarir, un traitement antiviral sous forme de comprimés, qui sera prescrit chez les personnes à risque de forme grave de Covid présentant des symptômes, en insistant sur le fait que la France sera le premier pays à le proposer à sa population.

Cet article a initialement été publié sur le site internet Medscape.