Rapide augmentation des signalements d’intoxication à la cocaïne


  • Serge Cannasse
  • Univadis Actualités Médicales
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Une étude du réseau national d’addictovigilance de l’ANSM rapporte 1.486 notifications de cas d’intoxications liées à l’usage de cocaïne entre janvier 2010 et juin 2017. Le nombre de cas annuels a fortement augmenté sur la période et principalement pendant ses deux dernières années, passant de 68 en 2010 à 206 en 2015, puis à 416 en 2016. L’évolution du nombre de cas graves est particulièrement préoccupante, puisqu’elle a été multipliée par 8 : 47 en 2010, 188 en 2015, 375 en 2016. L’étude DRAMES (Décès en relation avec l’abus de médicaments et de substances) a quant elle mis en évidence une augmentation des décès en lien direct avec l’usage de cocaïne : 25 cas en 2010, 44 cas en 2015. Enfin, une analyse du PMSI2 de 2008 à 2014 a montré un doublement du nombre annuel des hospitalisations en relation avec l’usage de cocaïne, passant de 2.560 à 5.316.

La cocaïne « poudre » est la plus consommée, devant le crack (ou cocaïne base) et dans une moindre mesure l’association des deux. Mais la part du crack augmente, passant de 20-25% entre 2013 et 2016 à 33% de la consommation totale de cocaïne en 2017. La forme crack a un potentiel addictif plus important et expose à des complications plus graves du fait de son mode de consommation par inhalation.

Les complications rapportées par l’étude du réseau d’addictovigilance de l’ANSM sont par ordre de fréquence décroissante :

  • neurologiques (35%) : agitation, troubles anxieux, troubles délirants, troubles compulsifs, etc ;

  • cardiovasculaires (30%) : troubles du rythme et/ou de la conduction, douleur thoracique, AVC, etc ;

  • neurologiques (27%) : troubles de la conscience, troubles convulsifs, céphalées, etc.

  • infectieuses (12%), respiratoires (8%), de la sphère ORL (3%).

L’ANSM met à la disposition des praticiens une plaquette informative et leur rappelle que tout cas grave de pharmacodépendance ou d’abus doit être rapporté au centre d’addictovigilance (CEIP-A) de leur secteur géographique ou sur le site signalement-sante.gouv.fr .