Radiothérapie stéréotaxique hypo-fractionnée post-métastasectomie cérébrale

  • Front Oncol

  • Par Nathalie Barrès
  • Actualités médicales
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À retenir 

Une étude française rétrospective de large envergure montre que chez les patients opérés pour métastases cérébrales, la radiothérapie stéréotaxique hypo-fractionnée au lit chirurgical peut constituer une alternative offrant un bon contrôle local de la maladie avec un profil de toxicité acceptable et cohérent avec les données de la littérature. Un suivi étroit par IRM des patients à haut risque de récidive intra-cérébrale est cependant nécessaire.

Pourquoi cette étude est intéressante ?

La radiothérapie stéréotaxique post-résection de métastases cérébrales est de plus en plus utilisée car il s’agit d’une alternative moins toxique que le traitement standard adjuvant d’irradiation encéphalique totale. Il n’existe pas de consensus sur la dose optimale, le fractionnement ou du schéma thérapeutique dans ce contexte clinique. L’étude présentée ici a l’intérêt d’évaluer l’efficacité et la tolérance de l’utilisation de la radiothérapie stéréotaxique hypo-fractionnée au lit tumoral de lésions cérébrales secondaires en s’appuyant sur une large cohorte de patients.

Méthodologie

Cette étude rétrospective a été menée entre juillet 2012 et janvier 2017. Tous les patients traités dans deux centres français pour une à trois métastases cérébrales, sans radiothérapie préalable, après résection chirurgicale des métastases ou d’une tumeur solide, sans atteinte du tronc cérébral ni méningite carcinomateuse, et ayant reçu une radiothérapie stéréotaxique hypo-fractionnée au lit tumoral ont été inclus. Le suivi des patients comprenait le recueil des données cliniques, l’étude de la perfusion cérébrale par IRM à 2 mois, puis tous les 3 mois après la fin de l’irradiation durant la 1ère année, puis tous les 4 à 6 mois ensuite.

Principaux résultats

Au total, 160 patients (167 lits tumoraux) ont été inclus dans les analyses (47,5% de femmes, âge médian 58 ans). Parmi les patients, 46% avaient un cancer primitif du poumon, 15% un mélanome, 13% un cancer du sein. Le délai moyen entre le diagnostic initial de la tumeur primitive et la chirurgie des métastases cérébrales était de 8,4 mois.

La moitié des patients avaient une métastase cérébrale synchrone de la tumeur primitive. La taille médiane de la tumeur était de 32 mm et la taille médiane du lit tumoral de 27 mm. Les schémas thérapeutiques les plus fréquents étaient de 24 Gy en 3 fractions (33% des cas), 30 Gy en 5 fractions (23%). La durée médiane du suivi était de 30,6 mois.

  • Le délai médian avant récidive était de 11,2 mois.
  • Les taux de contrôle local à 1 an et à 2 ans étaient respectivement de 88% et 81%.
  • À la fin du suivi, 70,6% des sujets sont décédés dont 42% du fait de la progression de la tumeur cérébrale.
  • La survie globale médiane était de 15,2 mois [12,0-17,9 mois] et la survie à 6 mois, 1 an et 2 ans respectivement de 81%, 58% et 32%.
  • En analyse multivariée, le cancer du poumon était associé à une réduction de 43% du risque de décès par rapport à d’autres sites (HR 0,57, p=0,007), le nombre de sites extra-cérébraux métastatiques augmentait le risque de décès de 26% (HR 1,26, p=0,003), et le volume-cible planifié augmentait également le risque de décès de 15% (HR 1,15, p=0,012). Ces informations constituaient donc des facteurs pronostiques de la survie globale. En revanche, le nombre de métastases cérébrales n’est pas apparu comme un critère pronostique significatif. Aucun facteur pronostique du délai avant récidive locale n’a pu être mis en évidence non plus. 
  • 45% des patients ont reçu un traitement de sauvetage avec une nouvelle radiothérapie cérébrale, dont 24% exclusivement une RT stéréotaxique hypo-fractionnée et 21% une irradiation cérébrale totale. 41,8% de l’ensemble de ces sujets ont présenté de nouveaux signes neurologiques liés à la progression de la maladie dans un délai médian de 6,3 mois après la RT initiale.
  • La toxicité aiguë de grade 2 a concerné 3,4% des patients (n=5) et celle de grade 3 0,7% (n=1). Respectivement 7,2% et 2,7% des patients ont présenté une toxicité retardée de grade 2 et 3. Enfin, 8,9% des patients ont développé des nécroses radiologiques.

Principales limitations

Il s’agit d’une étude rétrospective pour laquelle différents schémas d’irradiation ont été utilisés.