Radiothérapie palliative : oui, mais quelle technique pour limiter les coûts tout en assurant l’efficacité ?


  • Nathalie Barrès
  • Actualités médicales
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À retenir 

Les résultats d’une étude monocentrique menée au sein d’un département de radiothérapie français a montré que le coût de la radiothérapie palliative tridimensionnelle des métastases osseuses non compliquées était significativement plus important pour la société avec un traitement 30 Gy en dix fractions que pour un traitement (20 Gy en cinq fractions ou non fractionné 8 Gy (sans différence significative entre ces deux dernières approches). Ces résultats restaient valables, même après intégration du transport. Ainsi, il semble que le traitement non fractionné 8 Gy soit à privilégier d’un point de vue coût pour les patients métastasés en situation palliative. Quant à la stéréotaxie, les résultats montrent que ce traitement a un coût significativement supérieur à celui d’un traitement tridimensionnel, même après intégration des coûts de transport, mais il peut être symptomatique et curatif. Ainsi, la stéréotaxie pourrait être réservée à des patients ayant une espérance de vie supérieure, ou résistants à la radiothérapie tridimensionnelle.

Pourquoi cette étude a-t-elle été menée ?

De nombreuses données de la littérature indiquent que les traitements fractionnés 30 Gy, 20 Gy ou non fractionné 8 Gy, apporteraient le même soulagement des douleurs. De fait, les recommandations internationales préconisent pour le soulagement de la douleur liées aux métastases osseuses non compliquées, l’utilisation du traitement non fractionné 8 Gy, même si le risque de ré-irradiation est supérieur. Les données de la littérature portant sur les coûts des traitements fractionnés versus non fractionnés dans un contexte de radiothérapie palliative divergent. Certaines mettent en évidence un coût significativement inférieur en cas de traitement non fractionné, et d’autres montrent un surcoût de cette approche compte tenu des ré-irradiations significativement plus importantes. Par ailleurs, l’intégration de tous les coûts associés peut faire varier les comparaisons économiques entre ces différents protocoles. La stéréotaxie, elle, prend une place de plus en plus importante, il était donc intéressant d’avoir quelques éléments de comparaison économique intégrant également cette méthode. 

Méthodologie

Cette étude rétrospective a inclus 91 patients ayant des métastases osseuses (48% d’hommes, âge moyen 63 ans). 29% ont reçu un traitement 30 Gy en dix fractions, 21% un traitement 20 Gy en cinq fractions, 22% un traitement 8 Gy non fractionné et 28% un traitement par stéréotaxie. 

Principaux résultats

  • Les analyses ont montré que le coût global moyen par patient (coût global des irradiations, du transport associé et des ré-irradiations) était de 3.291 euros, 1.878 euros, 1.466 euros et 5.801 euros pour les patients traités respectivement par irradiation fractionnée 30 Gy, 20 Gy, non fractionnée 8 Gy et par radiothérapie stéréotaxique (p
  • Le coût moyen global par patient de la prise en charge sur 6 mois (radiothérapie initiale, transport, ensemble du suivi sur 6 mois) était de 11.501 euros, 13.749 euros, 8.562 euros et 8.268 euros (p=0,04) respectivement pour les traitements fractionnés 30 Gy et 20 Gy, non fractionné 8 Gy et stéréotaxique.
  • Si le coût global du traitement incluant la radiothérapie initiale, le transport et les ré-irradiations était plus important pour les groupes 30 Gy et 20 Gy que 8 Gy, aucune différence significative n’était mise en évidence entre le groupe 20 Gy et 8 Gy.
  • Il n’y avait pas de différence significative entre les groupes 30 Gy, 20 Gy et 8 Gy si l’on considérait la prise en charge globale (radiothérapie initiale, transport et suivi durant 6 mois compris).

Principales limitations

Les auteurs mettent en garde sur les comparaisons effectuées à partir de groupes de patients non homogènes et non directement comparables, notamment par leur état général, le stade de l’évolution de la maladie, les traitements anticancéreux précédemment administrés et le pronostic.