Quoi de neuf dans l'arthrose en 2018 (1/2)

  • Mandl LA
  • Osteoarthr Cartil
  • 16 nov. 2018

  • Par Nathalie Barrès
  • Résumé d’articles
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En France, selon la Société Française de Rhumatologie, la prévalence de l’arthrose serait de 17%1. Celle-ci pourrait continuer à augmenter dans les décennies à venir du fait notamment du vieillissement de la population et de l’augmentation de l’obésité. Un diagnostic précoce et la mise à disposition de traitements efficaces et sûrs constituent de véritables enjeux de santé publique. 

Une revue systématique de la littérature portant sur les articles publiés entre mai 2017 et avril 2018 vient d’être publiée dans Osteoarthritis and Cartillage.

Quoi de neuf sur l’influence de l’âge, l'éventualité d'une fenêtre thérapeutique, l’identification précoce, les formes à développement accéléré, l’injection intra articulaire de corticoïdes ?

  • S’il est admis que l’âge et l’obésité sont associés au risque d’arthrose, une étude a suggéré que ces facteurs de risque seraient insuffisants à eux seuls pour expliquer l’augmentation exponentielle de la prévalence de la gonarthrose. L’environnement moderne ainsi que la diminution de l’activité physique pourraient jouer un rôle favorisant.  
  • Il existerait une « fenêtre d’opportunité » pour intervenir chez certains sujets à risque élevé d’arthrose avant même qu’une preuve clinique ou radiographique ne soit présente. Des chercheurs ont constaté que des lésions de la moelle osseuse, des atteintes méniscales ou cartilagineuses pourraient augmenter le risque de gonarthrose dans les 7 années qui suivent.
  • L’articulation fémoro-patellaire pourrait être atteinte avant l’articulation fémoro-tibiale. Ainsi, chez les sujets algiques et en l’absence d’un amincissement radiographique de l’espace articulaire fémoro-tibial, il pourrait y avoir un intérêt à engager une prise en charge, à partir de l’identification d’une atteinte fémoro-patellaire.
  • Une étude a suggéré qu’il existait des profils de patients à « arthrose accélérée », passant en 48 mois d’un contrôle radiographique normal à un grade 3-4 de Kellgren et Lawrence. Ces sujets auraient environ 25 fois plus de risque de recourir à une arthroplastie du genou dans les neuf ans qui suivent par rapport à ceux souffrant de gonarthrose sans développement rapide. Ces individus présenteraient toute une constellation de symptômes (plus de difficultés à s’allonger, plus de douleurs en redressant le genou ou en marchant,…). Reste à évaluer si la prise de conscience d’une arthrose accélérée peut motiver les patients à s’engager activement dans une prise en charge spécifique pour ralentir cette progression.
  • Il est admis que la synovite est associée à une aggravation des lésions structurelles de la gonarthrose. Cependant, une étude contrôlée et randomisée a suggéré que l’administration intra-articulaire de triamcinolone tous les trois mois durant deux ans, ne retardait pas la destruction du cartilage mais au contraire pourrait l’accélérer. Bien que ces résultats suggèrent que l'administration intra-articulaire régulière de corticoïdes soit délétère pour le cartilage, il est important de préciser qu'ils ne montrent pas que l’utilisation périodique de corticoïdes en intra-articulaire soit contre-indiquée, ou inefficace pour le soulagement de la douleur.

Un second article reviendra prochainement sur d'autres points-clés de l'actualité 2018 dans le domaine de l'arthrose, notamment sur certaines approches thérapeutiques.