Quid des formes longues de COVID-19 chez l’enfant et l’adolescent ?

  • Molteni E & al.
  • Lancet Child Adolesc Health

  • Agnès Lara
  • Résumé d’articles
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À retenir

  • À partir d’une très large cohorte prospective d’enfants scolarisés de 5 à 17 ans, une étude britannique montre que, parmi les formes symptomatiques de l’infection à SARS-CoV-2, les symptômes sont généralement de courte durée (6 jours en moyenne vs 11 chez l’adulte), mais qu’ils peuvent persister au moins 4 semaines dans 4,4% des cas (vs 13,3% chez l’adulte).
  • Les résultats à 8 semaines sont rassurants, avec une très faible proportion d’enfants (1,8%) présentant encore des symptômes au-delà de ce délai et un nombre de symptômes diminuant avec le temps.
  • Le fardeau de ces formes longues de COVID-19 exprimé en nombre de symptômes rapportés est faible et ne semble pas différer de celui des formes longues d’infections associées à d’autres virus respiratoires.

 

Chez les enfants l’infection par le SARS-CoV-2 est le plus souvent asymptomatique ou de courte durée. Des formes symptomatiques se prolongeant sur plusieurs semaines ont cependant été décrites, mais ont encore fait l’objet de peu d’études jusqu’ici. Comment se manifestent ces symptômes persistants chez les enfants et durant combien de temps ? En quoi sont-ils différents de ceux engendrés par d’autres virus respiratoires ? Ce sont les questions auxquelles vient de répondre une équipe britannique en analysant les données épidémiologiques de la COVID Symptoms Study, une cohorte prospective d’enfants scolarisés de 5 à 17 ans.

Méthodologie

Les participants ont été recrutés sur la base du volontariat. Les données de prévalence, de durée et d’intensité des symptômes étaient auto-rapportées via une application mobile renseignée par un adulte entre mars 2020 et février 2021. L’analyse a été menée de façon globale, ainsi que par tranche d’âge en distinguant les enfants les plus jeunes (de 5 à 11 ans) et les plus âgés (de 12 à 17 ans).

Résultats

  • Pas moins de 258.790 enfants de 5 à 17 ans ont été inclus dans l’étude. Parmi eux, 75.529 avaient des symptômes compatibles avec la COVID-19 et ont eu un test de détection du SARS-CoV-2, 1.734 se sont avérés positifs au SARS-CoV-2, avec une durée de la maladie analysable dans le cadre de la période de l’étude.
  • Chez les enfants positifs au SARS-CoV-2, la maladie durait en moyenne 6 jours (écart interquartile (EI) : 3-11) contre seulement 3 jours chez les enfants négatifs au SARS-CoV-2, mais ayant une infection par un autre virus respiratoire). Cette durée était associée à l’âge : plus courte chez les plus jeunes (5 jours, EI : 2-9) que chez les plus âgés (7 jours, EI : 3-12) (p<0,0001).
  • Les symptômes les plus fréquemment rapportés étaient les céphalées (62,2%) et la fatigue (55,0%) devant l’anosmie (39,6%), la fièvre (37,7%) et la toux persistante (25,5%).
  • Des symptômes persistant durant au moins 28 jours étaient plus fréquemment observés (4,4% des cas ; n=77) chez les sujets positifs au SARS-CoV-2 que chez les sujets négatifs (0,9%). Ils étaient plus fréquents chez les plus âgés que chez les plus jeunes (n=59 vs 18). Certains persistaient même au-delà de 56 jours chez une faible proportion d’enfants (1,8%).
  • Dans ces formes longues, les symptômes les plus fréquents au cours des premières semaines étaient la fatigue (84,4% des cas), les céphalées (77,9%), l’anosmie (77,9%) et les maux de gorge (74,0%). Le nombre de symptômes présents était toutefois réduit au-delà de 28 jours (2 symptômes médian rapportés) par rapport à la première semaine (6 symptômes), la fatigue, les céphalées et les maux de gorge survenant en phase aigüe de la maladie. À plus long terme, la fatigue se retrouvait plus fréquemment que les céphalées (97,7% tous stades de la maladie confondus) et l’anosmie se manifestait plus tard au cours de la maladie.