Quid des comorbidités maternelles en cas de césarienne avant 32 semaines d’aménorrhée ?


  • Nathalie Barrès
  • Résumé d’articles
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À retenir 

Une étude française a montré que la morbidité maternelle associée aux césariennes réalisées avant 32 semaines d’aménorrhée (SA) était de 21% en per-partum et 20% en post-partum. Les facteurs associés à un risque accru de morbidité maternelle sont l’existence d’un placenta bas inséré, l’indication non fœtale de la césarienne, la gémellité, le recours à une anesthésie générale secondaire et la présentation fœtale non céphalique.

Pourquoi cette étude a-t-elle été menée ?

Aujourd’hui environ 7,1% des grossesses en France aboutissent à une naissance prématurée. La survie néonatale sans séquelle a fortement augmenté depuis 20 ans du fait de l’amélioration des techniques de réanimation néonatale, de la prise en charge anténatale dite active (avec corticothérapie anténatale, transfert in utero et césarienne d’indication fœtale). Ces améliorations ont, de fait, conduit à l’augmentation du nombre de césariennes réalisées avant 32 SA (de 34% en 1997 à 61% en 2011). Si la morbidité néonatale avant 32 SA est très étudiée, il n’en est pas de même de la morbidité maternelle. Cette étude observationnelle rétrospective apporte ainsi des données utiles pour la pratique clinique, données françaises de surcroît.

Méthodologie

Étude rétrospective monocentrique réalisée dans une maternité de type III. Les femmes incluses étaient celles pour qui une césarienne avant 32 semaines d’aménorrhée était réalisée.

Principaux résultats

Au total, 426 naissances vivantes sont survenues avant 32 SA entre janvier 2014 et mai 2016 dans le centre hospitalier universitaire évalué. Parmi elles, 211 patientes ayant subi une césarienne ont été incluses. Les auteurs mentionnent que le taux de césariennes réalisées avant 32 SA était de 49% dans leur centre ce qui est inférieur au taux rapporté en 2011 dans l’étude EPIPAGE 2 (58%). 

Sur l’ensemble de la cohorte suivie, 21,3% des mères ont présenté une morbidité maternelle per-partum (critère principal d’évaluation constitué de l’hémorragie, la transfusion sanguine, l’anesthésie générale, les plaies peropératoires et le décès maternel) et 20,4% une morbidité post-partum (critère secondaire d’évaluation constitué de l’hospitalisation supérieure à 7 jours, à la survenue de complications infectieuses, digestives ou de paroi ou d’une maladie thrombo-embolique veineuse).

Parmi les facteurs associés à la morbidité per-partum, les auteurs de cette étude ont mis en évidence la présence d’un placenta bas inséré (OR 4,40 [1,01-19,09]) et l’indication non fœtale des césariennes (OR 2,10 [1,01-4,42]). L’anesthésie générale (OR 4,19 [1,68-10,49]), la gémellité (OR 2,90 [1,12-7,54] et la présentation fœtale non céphalique (OR 2,70 [1,23-5,93]), constituaient les facteurs associés à la morbidité post-partum. L’âge gestationnel per-partum.

Les auteurs précisent que « selon les études, le taux de morbidité maternelle avant 32 SA varie de 21 à 46% en cas de césarienne contre 3,5 à 10,2% en cas d’accouchement par voie basse1,2,3 ». Et, soulignent la nécessité d’études prospectives menées sur de larges effectifs pour évaluer l’hypothèse du bénéfice de recourir, dans certains cas, à un déclenchement en cas d’indication de naissance prématurée. 

Principales limitations

Le caractère rétrospectif, monocentrique et le faible effectif constituent les principales limitations de cette étude.