Qui sont les vapoteurs ? Que pensent les Français de la cigarette électronique ?


  • Serge Cannasse
  • Actualités Médicales
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Le Baromètre de Santé publique France 2017 est une enquête téléphonique menée auprès d’un échantillon représentatif de 25.319 personnes âgées de 18 à 75 ans, habitant en France métropolitaine et parlant le français. Les principaux thèmes abordés sont les addictions et la santé mentale. Une analyse complémentaire des données recueillies donne des indications sur la perception de la cigarette électronique par la population française.

Les points essentiels

  • Les vapoteurs représentent 3,8% de la population âgée de 18 à 75 ans. Ce sont quasiment tous des fumeurs ou des ex-fumeurs (plus de 99%).

  • Parmi les vapoteurs, entre 2014 et 2017 la part de fumeurs quotidiens a diminué (de 64,5% à 39,7%) et celle des ex-fumeurs a augmenté (de 23,5% à 49,5%).

  • Environ 700.000 ex-fumeurs (plus de 6 mois d’arrêt) déclarent que la cigarette électronique les a aidés à arrêter de fumer.

  • La moitié des 18-75 ans (51,5%) pense que la cigarette électronique est au moins aussi nocive que la cigarette. Cette opinion est partagée surtout par des personnes socio-économiquement défavorisées et par les fumeurs quotidiens. Elle est en hausse par rapport à 2014 (43,4%).

  • Au moins les deux tiers des 18-75 ans sont d’accord avec l’interdiction de vapoter dans les lieux publics (66,9%) et pour les mineurs (77,5%).

Intérêt de cette étude

La cigarette électronique fait l’objet de trois controverses :

  • La première porte sur son intérêt dans l’aide au sevrage tabagique. Un essai contrôlé randomisé a montré que deux fois plus de fumeurs arrêtent le tabac avec son aide en comparaison d’un traitement de substitution nicotinique. Mais le taux d’échec est élevé dans les deux groupes. Dans le Baromètre 2017, la plupart des vapoteurs (80,4%) déclarent avoir diminué leur consommation de cigarettes et plus des trois quarts (76,3%) des ex-fumeurs pensent que la cigarette électronique les a aidés à arrêter, seule ou avec d’autres aides. Mais la proportion d’ex-fumeurs ayant utilisé l’e-cigarette (1,2%) ou l’utilisant encore (1,4%) est très faible par rapport à la proportion d’ex-fumeurs s’étant sevrés avec l’aide d’un autre moyen (28,4%).

  • La seconde controverse porte sur son innocuité. Son rapport bénéfices/risques est en effet mal connu. Il semble cependant que ses effets nocifs à long terme soient moins importants que ceux causés par la fumée du tabac. Le sentiment de sa nocivité largement partagé dans la population peut être associé, selon les auteurs, à une difficulté à « obtenir des informations claires et accessibles », et notamment à une confusion entre les facteurs responsables de la dépendance (nicotine) et ceux responsables des cancers (additifs). Ce sentiment serait renforcé par la réglementation de l’e-cigarette, très proche de celle du tabac, dont la nocivité est aujourd’hui largement admise. Il pourrait expliquer que de nombreux fumeurs ne pensent pas que l’e-cigarette soit une aide à l’arrêt du tabac.

  • Le Baromètre Santé 2017 ne donne aucune indication sur la troisième controverse : la cigarette électronique favorise-t-elle l’initiation au tabac ? En effet, celle-ci se produit dans 90% des cas avant l’âge de 18 ans, population exclue de cette enquête.

Limites de l’étude

Elles sont celles de toute étude déclarative recueillie par téléphone. Par exemple, le sevrage tabagique n’est pas vérifié