Quels traitements pour la thrombophlébite superficielle des membres inférieurs ?

  • Di Nisio M & al.
  • Cochrane Database Syst Rev
  • 25 févr. 2018

  • Par Nathalie Barrès
  • Résumé d’articles
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À retenir 

Cette revue Cochrane, actualisation d’une revue réalisée en 2007, montre que chez les individus souffrant de thrombophlébite superficielle, le fondaparinux à la dose de 2,5 mg, une fois par jour durant 45 jours serait associé à une diminution de l’incidence de thromboembolie veineuse (TEV) symptomatique sans augmentation des risques de saignements majeurs. La dose et la durée optimales de traitement doivent maintenant être spécifiquement déterminées pour les sujets à haut risque de récidive d’évènement thromboembolique et pour les sujets à faible risque. Les héparines de bas poids moléculaire (HBPM) et les AINS seraient associés à un moindre risque d’extension ou de récidive de thrombophlébite superficielle par rapport au placebo, mais aucune donnée ne permet de conclure sur le risque de TEV symptomatique sous ces molécules. Cette revue met également en évidence que des études sont nécessaires pour mieux évaluer le rôle du rivaroxaban ainsi que d'autres prises en charge sur l’incidence des TEV.

Pourquoi cette étude a-t-elle été menée ?

La thrombophlébite est liée à un processus inflammatoire assez fréquent qui affecte les veines superficielles et certaines données suggèrent une association entre thrombophlébite superficielle et thromboembolie veineuse. D'où l'intérêt de cette étude qui intègre également les nouvelles preuves mises à disposition au cours de la dernière décennie. 

Méthodologie

L’actualisation de la revue de 2007 est basée sur 33 essais randomisés et contrôlés ayant inclus au total 7.296 sujets. Les traitements évalués par ces études étaient le rivaroxaban (inhibiteur direct du facteur Xa administré par voie orale), des traitements anticoagulants administrés par voie injectable (fondaparinux, héparine de bas poids moléculaire, héparine fractionnée), la compression veineuse, l’utilisation d’AINS ou de traitements topiques ainsi que la chirurgie. 

Principaux résultats

Une large étude a inclus près de la moitié des sujets de l’ensemble des essais pris en compte dans la revue. Elle a montré qu’après une thrombophlébite superficielle et par rapport au placebo, le fondaparinux SC 2,5 mg une fois par jour, administré durant 45 jours était associé à une réduction significative de l’incidence de la TEV symptomatique, de l’extension de la thrombophlébite superficielle (migration du caillot hors des membres inférieurs) et de la récidive de thrombophlébite superficielle. La survenue de saignements majeurs était rare dans les deux groupes. 

Une autre étude a montré que chez les individus ayant une thrombophlébite superficielle à haut risque de récidive d’événement thromboembolique, le fondaparinux 2,5 mg/j était associé à un taux similaire de TEV symptomatique par rapport au rivaroxaban 10 mg/j, sans qu’il y ait non plus de saignements majeurs dans les deux groupes. 

Les HBPM et les AINS réduiraient l’extension ou la récidive des thrombophlébites superficielles mais seraient sans effet sur l’incidence de la TEV symptomatique ou les saignements majeurs.

Les traitements topiques soulageraient des symptômes locaux, mais il n’existe pas de donnée quant à leur impact sur la progression d'une TEV. Enfin, l’association d’un traitement chirurgical et de la compression veineuse diminuerait d’incidence de TEV et le risque de progression de la thrombophlébite superficielle par rapport à la compression veineuse seule.

Principales limitations

Forte hétérogénéité des études. Le niveau de preuve reste assez faible pour la plupart des traitements du fait de la méthodologie des essais cliniques inclus (imprécision des résultats, absence dans la plupart des études d’un groupe placebo), et de l’existence d’une seule étude pour certaines comparaisons. Le niveau de preuve était faible à modéré pour les comparaisons effectuées dans les deux essais contrôlés versus placebo.