Quels sont les patients VIH à risque de rupture de parcours de soins ?


  • Caroline Guignot
  • Actualités Médicales
L'accès à l'intégralité du contenu de ce site est reservé uniquement aux professionnels de santé disposant d'un compte. L'accès à l'intégralité du contenu de ce site est reservé uniquement aux professionnels de santé disposant d'un compte.

Messages principaux

  • Dans le service hospitalier spécialisé de l’hôpital Bichat-Claude Bernard (Paris), le taux de patients VIH en rupture de parcours de soins est de 2,5 pour 100 patients-années.

  • Les sujets les plus à risque sont notamment ceux sans médecin traitant, sans traitement antirétroviral et ceux présentant un faible taux de CD4. Les sujets immigrants sont, eux, moins à risque.


 

Une publication parue dans PLoS One se penche sur la fréquence et les facteurs de risque de rupture du parcours de soins des patients VIH au sein d’un service dont l’organisation est propice au suivi (équipe pluridisciplinaire médicale, paramédicale et sociale, consultations avec et sans rendez-vous…). Le service des maladies infectieuses et tropicales de l’hôpital Bichat-Claude Bernard (Paris) y relate son expérience : parmi une cohorte de 4.796 adultes vivant avec le VIH (63% d’hommes, 38% nés en France, 30% d’HSH), soit 24.215 personnes-années, le taux de rupture de parcours de soins (pas de consultation dans les 18 mois précédents) est estimé à 2,5/100 personnes-années [2.3–2,7], la durée médiane de suivi avant interruption étant de 27,7 mois. Le taux de rupture était de 3,2 personnes-années [3,0–3,5] lorsque la rupture était plus volontiers définie par une durée de 12 mois.

Dans ce travail, les sujets les plus à risque d’une rupture du parcours de soins étaient surtout ceux qui n’avaient pas de médecin traitant (HR : 2,40 [2,03-Z,84]), ceux dont le taux de CD4 était inférieur aux 350 cellules/mm 3 au cours de la dernière analyse (2,85 [2,02-4,04]) et ceux qui n’étaient pas traités par antirétroviraux (3,67 [2,90-4,66]). Ceux qui avaient attendu plus de 6 mois entre le diagnostic et le début des soins (HR : 1,30 [1,10-1,54]) présentaient aussi un risque accru de perte de vue, alors que les sujets étrangers provenant d’Afrique avaient moins de risque (0,79 [0,63-0,99]) que les sujets nés en France.

Identifier les ruptures pour mieux les prévenir

La rupture du parcours de soins d’un patient VIH peut avoir un impact significatif sur l’immunité et sur les complications liées au virus. Or, si plusieurs études ont été consacrées au risque de rupture de soins au diagnostic, peu ont été dédiées au phénomène au cours du suivi. Dans ce travail, les taux d’incidence étaient relativement faibles par rapport à d’autres publications, et pourraient à la fois découler de l’organisation du service elle-même et du fait que chaque perte de vue a été confirmée par une investigation (identification des sujets décédés, ayant déménagé, ayant vu leur médecin traitant…) avant d’être comptabilisée en tant que telle. Si ces données ne sont pas nécessairement transposables à d’autres services, étant donné que celui-ci reçoit essentiellement une population défavorisée socialement et immigrante, elles mettent néanmoins en évidence que des facteurs favorisant la rupture du parcours de soins peuvent être identifiés et constituer autant d’axes de prévention ciblée auprès des personnes concernées.