Quels sont les facteurs de risque d’erreurs médicamenteuses liées au méthotrexate ?

  • Vial T et al.
  • Revue du rhumatisme
  • 10 juil. 2019

  • Par Agnès Lara
  • Résumé d’articles
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À retenir

  • Alors que des mesures de réduction du risque d'erreurs médicamenteuses associées au méthotrexate (MTX) ont été émises par le Comité pour l'Évaluation des Risques en matière de Pharmacovigilance (PRAC) au cours de l'été 2019 (1), une étude française montre que ces erreurs continuent de survenir et que leurs conséquences peuvent être fatales, même si elles se produisent sur de courtes durées et avec de faibles doses orales.
  • La majorité de ces erreurs sont attribuables au non respect du schéma d’administration par les patients ou le personnel infirmier, mais plus d’une sur 5 résultent d’une erreur de renouvellement d’ordonnance par un non spécialiste.

 

Au vu des erreurs médicamenteuses répétées liées au méthotrexate rapportées aux autorités de santé, le Comité pour l’Evaluation des Risques en matière de Pharmacovigilance (PRAC) a émis une série de mesures de réduction du risque au cours de l’été 2019 (1). À partir des données sur les erreurs médicamenteuses colligées par le réseau français des centres antipoison et de pharmacovigilance, des chercheurs français se sont intéressés aux conséquences des erreurs médicamenteuses impliquant de faibles doses orales de MTX et en ont identifié les facteurs de risque.

Une dose quotidienne au lieu d’une dose hebdomadaire, une erreur classique…

Au total, 174 erreurs médicamenteuses liées au MTX ont été identifiées entre janvier 2007 et octobre 2013. Après éviction des doublons et des cas entrant dans les critères d’exclusion, 74 ont été retenues. La plupart des patients concernés étaient traités pour une polyarthrite rhumatoïde ou une autre maladie rhumatismale inflammatoire, ou pour un psoriasis.

Dans la plupart des cas (94,6%), l’erreur provenait de la prise d’une dose quotidienne au lieu d’une dose hebdomadaire. La dose quotidienne moyenne reçue durant la période de l’erreur était de 9,6 mg (2,5 à 22,5 mg) sur une période moyenne de 11,7 jours (2 à 90 jours).

Le plus souvent, l’erreur était due à la non-observance du schéma d’administration hebdomadaire par les patients ou les aidants (56,2%) ou par le personnel infirmier dans les hôpitaux ou les maisons de retraite (20,5%). Le renouvellement de l’ordonnance par le médecin généraliste ou lors d’une hospitalisation dans un service non spécialisé en rhumatologie était également une occasion d’erreur fréquente (23,3%).

Des conséquences funestes surtout chez les plus âgés

Des complications cliniques ou biologiques sont survenues chez 82,4% de ces patients dans un délai moyen de 11,7 jours après la première erreur de dose. Pour 62,2% d’entre eux ces complications ont été sévères (grade ≥3) et 9 d’entre eux (14,8%) sont décédés d’une septicémie dans un délai moyen de 23,4 jours (11 à 45 j). Tous présentaient une atteinte hématologique sévère et deux d’entre eux une atteinte hépatique.  Les sujets ayant eu des complications graves étaient plus âgés que les patients asymptomatiques (75,6 ans contre 69,5 ans) et ils avaient été exposés à une dose cumulée plus élevée (94,8 mg vs 68,0 mg). Une coexposition aux inhibiteurs de la pompe à protons était également plus fréquente parmi ces cas graves.

 

1. Médicaments à base de cyprotérone, à base de méthotrexate, fluoropyrimidines, GILENYA (Fingolimod) : retour d’information sur le PRAC de juillet 2019 - Point d'information. ANSM, 8 août 2019.