Quels sont les chiffres de la DMLA en France ?

  • Caroline Guignot
  • Résumé d’articles
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À retenir

  • L’étude longitudinale LANDSCAPE menée à partir de la base de données de remboursement nationales permet d’établir que la prévalence de la dégénérescence maculaire liée à l’âge néovasculaire (DMLAn) est de 1,062% et son incidence de 0,149% dans la population âgée de 50 ans ou plus. 

  • L'incidence a légèrement augmenté entre 2008 et 2018. La répartition géographique, l'indice socio-économique et le niveau d'accès aux soins n’influençaient pas significativement les chiffres, hormis une légère sous-incidence dans les territoires ultra-marins.

Pourquoi est-ce important ?

Compte tenu de l'augmentation de l'espérance de vie et du vieillissement dans les pays occidentaux, il est attendu que la prévalence des maladies liées à l'âge, et notamment celle de la DMLA, augmente. Une méta-analyse a été menée en Europe en 2017 et a suggéré une prévalence globale des DMLA (néovasculaire et atrophique) comprise entre 0,1% chez les 55-59 ans et 9,8% chez les plus de 85 ans. En France, les données épidémiologiques récentes et nationales manquent. L’étude LANDSCAPE permet donc d’actualiser les connaissances épidémiologiques françaises.

Méthodologie

L’étude longitudinale rétrospective a été menée à partir des données de remboursement du Système National des Données de Santé (SNDS). Ont été comptabilisés les patients atteints de DMLAn âgés de plus de 50 ans et ayant eu au moins un remboursement de traitement anti-VEGF administré par injection intravitréenne (bevacizumab, pegaptanib, ranibizumab ou aflibercept) entre 2008 et 2018.

Principaux résultats

Entre 2008 et 2018, 342.961 patients atteints de DMLAn ont été identifiés (67,5% de femmes en 2008, 64,1% en 2018). L’âge d’incidence a évolué de 78,8 à 81,2 ans entre 2008 et 2018.

L’incidence annuelle a été évaluée à 0,149% chez les plus de 50 ans en 2018, sans différence notable après ajustement sur l’âge et le sexe. Elle était relativement stable depuis 2008, malgré une légère augmentation de l'incidence depuis 2014, chez les 85 ans ou plus, passant de 0,551% à 0,668%. La prévalence était comprise entre 0,0047% chez les 50-54 ans et 6,272% chez les 85 ans ou plus.

Malgré un discret gradient depuis le nord-est vers l'ouest et le sud de la France, aucune différence géographique significative n’a été observée en métropole. Seules les régions d'outre-mer ont une incidence et une prévalence inférieures (0,058% et 0,324% respectivement), sans doute liée à des facteurs d’origine ethnique et d’accès aux soins. Aucune influence de la démographie médicale ou du type de la zone de résidence n’a été identifiée.