Quels mécanismes lient l’endométriose et les hormones thyroïdiennes ?

  • Peyneau M & al.
  • Proc Natl Acad Sci USA
  • 11 juin 2019

  • Par Caroline Guignot
  • Résumé d’articles
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Le reflux menstruel rétrograde est l’un des mécanismes proposé pour expliquer l’origine de l’endométriose, mais il ne peut suffire comme seule étiologie puisqu’une minorité des femmes concernées par le reflux développe la maladie. L’auto-immunité pourrait constituer une explication complémentaire. L’association entre endométriose et maladies auto-immunes a été décrite par ailleurs, parmi lesquelles les dysthyroïdies. Cette hypothèse est soutenue par le fait que les hormones thyroïdiennes peuvent influencer certaines pathologies obstétriques ou gynécologiques. Reste à en décrire le mécanisme physiopathologique précis.

Dans une étude parue dans PNAS, des chercheurs français ont mené des travaux sur cellules et modèles murins, pour mieux comprendre le rôle des hormones sur les cellules ectopiques : ils confirment l’expression des médiateurs et effecteurs thyroïdiens (hormones, récepteur, enzymes) au niveau des cellules de l’endométriose issues de biopsies. Les récepteurs au TSH seraient surexprimés par ces cellules. In vitro , la TSH aurait ainsi des propriétés prolifératives et pro-oxydantes tandis que la T3 et la T4 augmenteraient la prolifération des cellules ectopiques et la production d’espèces oxydantes réactives. À travers trois modèles murins différents, les chercheurs ont aussi confirmé le rôle aggravant des hormones thyroïdiennes dans l'évolution de l'endométriose.

Une endométriose plus sévère...

Dans un second temps, ils ont analysé rétrospectivement la façon dont la dysthyroïdie peut, en conséquence, être associée à la sévérité de l’endométriose en clinique. Ainsi, ils ont comparé les profils cliniques et biologiques de 569 femmes présentant une endométriose seule à ceux de 32 femmes présentant une dysthyroïdie associée. Ces dernières présentaient plus de douleurs pelviennes chroniques que celles souffrant uniquement d'endométriose. La sévérité de l’endométriose, établie après opération, et la présence de lésions profondes étaient aussi plus élevées chez celles souffrant parallèlement de troubles thyroïdiens.

Cliniquement, ce dernier résultat suggère que les femmes souffrant à la fois d’une thyroïdite auto-immune de Hashimoto et d’endométriose doivent être surveillées de près dans le cadre de leur traitement thyroïdien, la prise de T4/lévothyroxine pouvant influencer la progression de l’endométriose.