Quelques différences dans la symptomatologie des syndromes de la vessie douloureuse chez les hommes et les femmes

  • Dr Jean-Fred Warlin

  • JIM Actualités médicales
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Le syndrome de cystite interstitielle actuellement dénommé syndrome de la vessie douloureuse (SVD) se définit par l'association d'un inconfort urinaire se manifestant depuis plus de 6 mois avec une douleur pelvienne sans cause précise. Bien souvent, les malades se plaignent de douleurs ectopiques (abdominales, lombaires). Jadis considéré comme à forte prédominance féminine, sous la désignation de douleur pelvienne chronique, (10 pour 1), le SVD est actuellement souvent observé chez l'homme, pour lequel on parlait jusque-là plutôt de prostatite chronique (PC) causant une douleur périnéale, mais aussi sus-pubienne ou scrotale, avec sensation de miction incomplète. SVD et PC se recoupent fréquemment et des passerelles existent entre eux, qui ont incité les auteurs à comparer les caractéristiques démographiques et les symptômes urologiques de ces deux entités, en utilisant une approche multidisciplinaire de la douleur pelvienne.

Les auteurs ont inclus dans leur étude 191 hommes et 233 femmes souffrant de SVD ou de PC qui ont dû remplir tous les 15 j pendant un an des questionnaires portant non seulement sur leurs données démographiques (âge, sexe, ethnie, niveau d'éducation et de revenus), mais aussi la sévérité des symptômes (douleur, impériosité, pollakiurie), leur sujet majeur de plainte, un index de douleur génito-urinaire, avec une évaluation du résidu vésical post-mictionnel (RPM).

Les femmes étaient plus jeunes, avec moins de revenus et des symptômes plus anciens que les hommes. On a constaté que les scores de SVD et de RPM étaient plus élevés chez les femmes.

Le symptôme le plus gênant dans les 2 sexes était la douleur vésicale, mais il est cité par 58 % des femmes et 34 % des hommes (dont 23 % considèrent que la douleur périnéale prime).

En conclusion, on peut considérer que les femmes focalisent davantage leurs troubles au niveau de la vessie, mais que la sévérité de la douleur est assez équivalente selon le sexe. Le but ultime de l'enquête consistera à déterminer si les différences du phénotype dans la présentation clinique des douleurs urinaires peuvent déboucher sur un traitement optimal et personnalisé de cette affection banale.