Quelles sont les MAC reconnues par le CNOM dans le domaine de la cancérologie ?


  • Nathalie Barrès
  • Actualités médicales
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Plus de 400 médecines alternatives et complémentaires (MAC) sont recensées par l’OMS. Selon le Conseil national de l’ordre des médecins (CNOM), les français seraient environ 40% à avoir eu recours aux MAC en 2015. Un article récemment publié dans Le bulletin du cancer nous offre l’opportunité de faire un point sur les preuves scientifiques des MAC utilisées chez des patients atteints de cancer. 

Que pense le CNOM au sujet des MAC ?

Si le CNOM ne reconnaît pas ces pratiques en tant que spécialités à part entière, il cautionne cependant leur recours lorsqu’elles sont pratiquées par un médecin diplômé en France et réalisées dans un cadre déontologique comme prise en charge adjuvante ou complémentaire. Le CNOM ne porte pas de jugement sur le caractère scientifique des MAC, c’est pour cela que récemment, il a saisi l’Académie de médecine et la ministre de la santé pour statuer sur la valeur scientifique et juridique de l’homéopathie. 

Quelques MAC reconnues par le CNOM 

  • L’acupuncture s’inscrit dans la définition de la médecine traditionnelle selon l’OMS. Pour ce qui concerne les patients souffrant de cancer, la HAS retient (de manière non exhaustive) son utilisation : chez l’adulte en traitement adjuvant et de deuxième intention en cas de nausées et vomissements ; son action antalgique ; son utilisation dans le syndrome anxiodépressif en association à d’autres traitements. Les preuves scientifiques versus placebo sont souvent significatives, mais fragilisées lorsque la comparaison est faite versus une procédure fictive. Il n’y a pas de contre-indication à l’utilisation de l'acupuncture, le recours à la moxibustion (chaleur) ou le laser peut être envisagé lors d’un trouble de la coagulation et la tolérance globale est très satisfaisante. 
  • L’homéopathie supporte depuis de nombreuses années un certain nombre de controverses. Les essais cliniques peinent à démontrer sa supériorité versus placebo. Seul un essai de phase III randomisé a montré l’efficacité de l’arnica versus un placebo sur les saignements et œdèmes postopératoires immédiats, chez des femmes traitées pour cancer du sein. Des essais cliniques randomisés verront probablement prochainement jour pour statuer sur le remboursement de ces traitements.
  • L’ostéopathie ne bénéficie pas non plus de résultats d’essais scientifiques apportant des preuves de son efficacité. Un essai récent a cependant montré chez 24 patients âgés hospitalisés et souffrant de cancer, une amélioration significative de la douleur (et non significative de la qualité de vie).
  • La mésothérapie, est également utilisée sans bénéficier de travaux robustes. Sa mise en cause dans des complications infectieuses expliquerait qu’aucun essai n’ait été mené en cancérologie.

Nous évoquerons dans un prochain article la place des autres MAC, utilisées dans le domaine de la cancérologie, mais non reconnues par le CNOM.