Quelles sont les Chlamydia trachomatis les plus répandues en France ?

  • Caroline Guignot
  • Résumé d’articles
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L’infection à C. trachomatis est l’infection sexuellement transmissible (IST) bactérienne la plus fréquente avec une incidence en hausse depuis plusieurs années, estimée à 491 cas/100.000 habitants de 15 ans et plus en 2016. Cependant, la connaissance épidémiologique des différents génovars circulants n’est pas bien connue, alors qu’elle revêt une importance clinique, liée à la spécificité de prise en charge de certains d’entre eux. Le Bulletin Epidémiologique Hebdomadaire (BEH) publie une étude prospective menée sur le sujet par le Centre national de Référence des IST.

L’enquête a été organisée en France métropolitaine et ultramarine où tous les laboratoires volontaires du réseau Rénachla et du réseau de surveillance des anorectites à C. trachomatis étaient invités à transmettre des échantillons spécifiques pour tous les cas identifiés sur une période déterminée en 2017 et en 2018. Ce sont au total près de 2.000 échantillons qui ont pu être analysés, issus de cohortes constituées pour deux tiers de femmes et d’âge médian compris entre 23 et 25 ans.

Absence de la souche responsable de lymphogranulomatose vénérienne

Ces travaux montrent tout d’abord que tous les génovars appartenant au biovar trachoma, qui sont spécifiques des muqueuses, étaient présents dans les échantillons transmis. En revanche, aucun cas lié au biovar LVG (souches L1, L2, L2a, L3) à tropisme ganglionnaire et responsable de la lymphogranulomatose vénérienne, n’a été retrouvé.

Au sein du biovar trachoma, les sérovars responsables de lésions urogénitales (D/Da, E, F, G, H, I/Ia, J/Ja, K) sont très largement majoritaires, le sérovar E représentant entre 41,8% (hommes) et 44,5% (femmes) des cas. Viennent ensuite les sérovars F (16,0 à 14,9%), D (13,4 à 14,9%) et G (10 à 12%). Les sérovars responsables de lésions oculaires ou trachome (A,B/Ba) sont rares, représentant chacune entre 1,5-1,9% des cas et 0 à 0,2% des cas.

L’épidémiologie ainsi décrite est comparable à celle rapportée dans d’autres pays européens. Les auteurs soulignent toutefois que la population composant la cohorte était majoritairement hétérosexuelle  (environ 90ù)et que l’absence d’échantillons d’origine anorectale peut expliquer l’absence de souches L qui est plus spécifique des hommes ayant des relations sexuelles avec les hommes.