Quelles maladies infectieuses les animaux peuvent-ils aider à diagnostiquer ?

  • Cambau E & al.
  • Clin Microbiol Infect
  • 14 nov. 2019

  • Par Caroline Guignot
  • Résumé d’articles
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À retenir

Les capacités olfactives des animaux sont extrêmement développées et ont été envisagées dans la détection de certaines maladies, et notamment pour certaines pathologies infectieuses. Clinical Microbiology and Infection publie une revue qui propose un tour d’horizon des données dans ce domaine. L’article rappelle que des nez artificiels ont été développés sur les bases scientifiques liées à ces approches.

Infections à Clostridium difficile

Plusieurs études ont été menées avec quelques chiens de différentes races et ont montré une sensibilité et une spécificité a minima élevées (supérieures à 75%) pour détecter en quelques secondes les sujets dont la diarrhée est liée à C. difficile . Cependant, la reproductibilité entre animaux n’est pas toujours satisfaisante. Des technologies de laboratoire sont aujourd’hui plus prometteuses. Le recours à l’animal a également donné des résultats très satisfaisants dans l’identification de la contamination des surfaces et équipements hospitaliers par C. difficile , selon une étude menée dans un important hôpital canadien.

Infections urinaires

Une étude cas-contrôle menée avec 5 chiens et des échantillons urinaires prélevés chez près de 700 sujets a permis d’obtenir une spécificité modérée (91,5%) mais une haute spécificité (99,6%).

Tuberculose : du rongeur aux tests de laboratoire

Dans les pays à forte endémie et à faibles moyens diagnostiques, le cricétome des savanes (ou rat de Gambie) entraîné a été utilisé dans le domaine associatif pour identifier rapidement l'infection à partir de crachats de patients. La sensibilité de cette approche est similaire à celle de la microscopie après coloration de Ziehl-Neelsen et, dans une population de plus de 55.000 enfants tanzaniens, le recours à ces rongeurs a accru la détection de la maladie de plus de 67% par rapport à la microscopie. Reste que ces approches sont sujettes à une variabilité inter-individus significative et ne permettent pas de distinguer les souches résistantes, pré-requis indispensable avant traitement. Elles ont cependant attisé la recherche : la nature du composé odorant a été identifiée et a conduit au développement de tests respiratoires de la tuberculose.

Les moustiques préfèrent le sang des personnes infectées par le paludisme

Le sang des personnes infectées par le paludisme serait plus riche en certains composés organiques volatils que les moustiques sont capables de repérer. Ceci a été décrit en comparant le nombre d’anophèles attirés sous des tentes dans lesquelles des sujets infectés ou non infectés avaient séjourné 3 heures. Par ailleurs, le comportement des moustiques était identique pour les personnes infectées traitées par antipaludéens que pour les personnes non infectées.