Quelles caractéristiques pour prédire l’évolution des contrôleurs du VIH ?


  • Caroline Guignot
  • Actualités Médicales
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Au sein de la cohorte ANRS CODEX, la moitié des sujets positifs au VIH initialement contrôleurs maintiennent ce statut au cours du temps, sans nécessiter de traitement antirétroviral. L’analyse des paramètres différenciant ce groupe de patients de ceux présentant une évolution au cours du temps a permis d’identifier plusieurs paramètres distinctifs : présence d’allèles protecteurs (HLA-B27 et HLA-B57), taux de réplication virale faible et diminution des taux sanguins d’ADN-VIH.

Une cinétique particulière de la charge virale cellulaire sanguine (ADN-VIH)

L’ADN-VIH est un marqueur global qui comprend à la fois le génome viral intégré et non intégré et celui codant pour tous les virions, qu’ils soient infectieux ou défectifs. Dans cette large cohorte de 202 patients contrôleurs, la diminution du taux d’ADN-VIH sanguin au cours du temps a été observée chez près de la moitié des sujets initialement contrôleurs (n=88). Selon les auteurs, cette dynamique traduirait une diminution du réservoir de cellules sanguines infectées au cours du temps. Dans cette étude, la diminution de l’ADN-VIH a été particulièrement associée à la présence des allèles HLA-B27 et/ou HLA-B57. En revanche, elle était indépendante de la réponse CD8 ou de l’activation des lymphocytes T. Enfin, les sujets ayant présenté une diminution du taux d’ADN-VIH au cours du temps avaient conservé une charge virale stable (ARN-VIH) alors que ceux qui avaient présenté une augmentation de l’ADN-VIH avaient également présenté une charge virale croissante.

Des contrôleurs aux hypercontrôleurs

La diminution de la charge virale cellulaire sanguine pourrait notamment être liée à une résistance intrinsèque des CD4 à l’infection ou à une faible activation des CD4 menant à un nombre de cellules cibles réduit pour le virus. Mais il n’est pas exclu que la diminution de l’ADN-VIH soit aussi le reflet d’une dynamique propre à un type d’ADN spécifique (forme intégrée par exemple). Ce groupe de patients ‘hyper’ contrôleurs devrait faire l’objet d’un repérage et d’une prise en charge spécifique ne justifiant pas de traitement antirétroviral a priori . Il constitue également un profil important dont l’exploration permettrait d’améliorer la compréhension des mécanismes de contrôle du virus.