Quelle stratégie est adoptée en pratique lorsqu’un patient est insuffisamment contrôlé sous anti-hyperglycémiant ?

  • McGovern AP & al.
  • BMC Med
  • 12 avr. 2019

  • Par Nathalie Barrès
  • Résumé d’articles
L'accès à l'intégralité du contenu de ce site est reservé uniquement aux professionnels de santé disposant d'un compte. L'accès à l'intégralité du contenu de ce site est reservé uniquement aux professionnels de santé disposant d'un compte.

À retenir 

Cette étude rétrospective de cohorte britannique montre que chez les diabétiques de type 2, près de 22% ne répondraient pas suffisamment à un traitement initié depuis 6 mois et pourtant bien observé. Les trois quarts de ces individus n’auraient cependant pas de modification de leur traitement à la fin de cette période, alors qu’un switch serait effectué chez 9% et un traitement supplémentaire initié chez 17% d’entre eux. Un an après, il s’est avéré que, par rapport à ceux qui n’avaient pas eu de modification de traitement, la stratégie add-on offrait la plus importante baisse d’HbA1c, suivie du switch. 

Pourquoi cette étude est-elle intéressante ?

Dans cette étude, plus d’un cinquième de la cohorte initiale avait une réponse insuffisante 6 mois après l'initiation d’un nouveau traitement anti-diabétique. Ce qui montre bien qu’il s’agit d’une situation clinique fréquente. Comprendre la réaction des médecins et analyser les résultats permet, au-delà des recommandations, de prendre du recul sur les stratégies réellement mise en place en pratique clinique et sur leur impact.

Méthodologie

Cette étude rétrospective de cohorte britannique a utilisé les données de l’UK Clinical Practice Research Datakink (CPRD). Les patients diabétiques de type 2 évalués (avec une HbA1c >7,5%) devaient initier une seconde ou troisième ligne de traitement anti-hyperglycémiant (hors insuline) et le prendre en continu durant 6 mois. L’observance de ce traitement devait être ≥80%. Aucune autre modification de traitement anti-hyperglycémiant ne devait intervenir durant cette période. Après ces 6 premiers mois, les patients pouvaient, pour les 12 mois suivants, soit continuer leur traitement sans aucun changement, soit switcher vers une nouvelle molécule (hors insuline), soit recevoir en plus de leur traitement un nouveau traitement (hors insuline).  

Principaux résultats

Au total, les données de 55.530 patients diabétiques de type 2 initiant un second ou troisième traitement anti-hyperglycémiant (hors insuline) ont été évaluées. Parmi l’ensemble des sujets, 21,9% avaient une réponse limitée au nouveau traitement 6 mois après son initiation (HbA1c augmentée de 0,2%).

  • Durant la première année, 73,5% des patients ayant une réponse limitée ont continué leur traitement sans changement, 9,2% ont switché vers un autre traitement et 17,3% ont reçu un traitement supplémentaire.
  • Ceux qui avaient continué leur traitement sans changement étaient globalement plus âgés, avaient une durée de maladie plus longue, une HbA1c initiale plus faible et une augmentation de l’HbA1c à 6 mois plus faible également.
  • Lorsqu’un changement de traitement avait été engagé, celui-ci était généralement réalisé assez tôt dans la première année de suivi.
  • Cependant, quelle que soit la stratégie adoptée, il s’est avéré que le temps moyen pour atteindre le résultat d’HbA1c escompté était seulement un peu plus long lorsqu’il n’y avait pas de modification de traitement : 12,2 mois contre 10,2 mois en cas de switch (p
  • Après ajustement sur les caractéristiques des patients à l’inclusion, l’Hb1Ac moyenne était plus fortement diminuée chez les patients ayant bénéficié d’un ajout de traitement (-1,1%), puis chez ceux ayant eu un switch (-6,8 mmol/mol, soit -0,6%) par rapport à ceux n’ayant pas eu de modification de traitement (-5,1 mmol/mol, soit -0,5%).

Principales limitations

Ces données ne peuvent pas être généralisées, d’autant plus que les patients ayant des données incomplètes étaient exclus.