Quelle est l’efficacité des approches non pharmacologiques dans la fibrillation auriculaire ?

  • Abdul-Aziz AA et al.
  • Am J Cardiol
  • 1 mai 2018

  • Par Agnès Lara
  • Résumé d’articles
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À retenir

Les approches non pharmacologiques comme traitement complémentaire de la fibrillation auriculaire (FA) ont été peu étudiées. Néanmoins les essais disponibles indiquent que le yoga, la perte de poids et l’exercice physique modéré sont susceptibles d’améliorer le retentissement et la sévérité des symptômes associés à la FA, avec un niveau de preuve plus élevé pour les deux derniers. Le yoga est associé à une réduction du nombre d’épisodes symptomatiques ou non de FA, avec un niveau élevé d’observance. L'acupuncture réduit la récurrence des épisodes de FA. La perte de poids, évaluée sur un plus grand nombre de patients, est associée à une réduction du retentissement de la FA et de la sévérité des symptômes. Quant à l’exercice physique, il semble améliorer la qualité de vie et réduire la fréquence des épisodes et les symptômes de FA. Bien que ces résultats soient encourageants, ils sont toutefois limités par le faible nombre de patients inclus, l’hétérogénéité des études et le caractère observationnel de nombre d’entre elles.

Pourquoi est-ce important ?

Alors que le surpoids, le stress, le syndrome métabolique et l’obésité constituent des facteurs de risque de FA, un mode de vie sain semble au contraire être protecteur. Il a également été montré que la modification des habitudes de vie pouvait réduire les symptômes de FA seule ou en complément d’un traitement pharmacologique. Mais à ce jour, ces approches restent peu étudiées. Une revue américaine a recherché les publications existantes sur le sujet et fait le point sur la question.

Yoga

Une seule étude a évalué le yoga dans le traitement de la FA. Il s’agit d’un essai monocentrique et non randomisé mené chez des patients souffrant de FA paroxystique depuis en moyenne 63,9 ans (n=49, âge moyen 60 ans). La plupart (38/49) étaient sous traitement anti-arythmique. L’intervention (2 cours d’1 heure de Yoga Iyengar par semaine durant 3 mois) a pu être associée à une réduction du nombre d’épisodes de FA symptomatiques (3,8 vs 2,1, p

Acupuncture

Deux études ont évalué l’acupuncture comme traitement de la FA. La première, un essai contrôlé randomisé, a inclus des patients souffrant de FA persistante qui venaient de bénéficier d’une cardioversion (

Au cours de la période de suivi de 10 à 12 mois, une réduction significative du nombre médian d’épisodes de FA a été observée dans le groupe acupuncture. Les différences étaient significatives entre les groupes acupuncture et amiodarone d’une part, et leurre et contrôle d’autre part, mais pas entre les groupes acupuncture et amiodarone (hazard ratio : 1,15 [IC95% : 0,38-3,49], p=0,80).

Perte de poids

Un essai contrôlé randomisé (n=150) et deux études observationnelles (n=149 et 355, patients en surpoids ou obèses) se sont intéressés à l’effet d’une perte de poids chez les patients souffrant de FA paroxystique ou persistante. En plus de la prise en charge des facteurs de risque cardiométabolique (hypertension, hyperlipidémie, tolérance au glucose, apnées du sommeil, consommation d’alcool et de tabac), les participants bénéficiaient d’un régime alimentaire basses calories et à faible index glycémique, suivi d’une phase de maintenance, ainsi que de la prescription d’exercices de faible intensité.

Le poids, ainsi que le retentissement, la sévérité des symptômes et le nombre d’épisodes de FA ont été réduits de façon plus importante dans le groupe intervention à 12 mois par rapport au groupe contrôle.

Activité physique modérée

Quatre études, comprenant 2 essais randomisés, une étude observationnelle et un essai à faible effectif, ont examiné l’effet de l’exercice ou d’un entretien cardiorespiratoire d’intensité modérée sur la FA, chez des sujets souffrant de FA permanente ou paroxystique en surpoids ou obèses.

Un essais randomisé réalisé sur 53 sujets a montré que le temps moyen en FA, 4 semaines après l’intervention (60 min de fitness 3 fois/semaine durant 12 semaines), a été réduit dans le groupe exercice par rapport à l’inclusion (prise en compte des 4 semaines précédentes) de 8,1% à 4,8%, alors qu’il a augmenté dans le groupe contrôle (de 10,4% à 14,6%) (p=0,001). Les symptômes de FA et leur fréquence ont été réduits, la qualité de vie, la vitalité et l’état général améliorés. Le deuxième essai indiquait que la force musculaire, les capacités physiques et la qualité de vie étaient améliorées dans le groupe intervention.

Dans l’étude observationnelle réalisée chez 308 patients obèses et souffrant de FA paroxystique ou persistante, des séances de fitness cardiorespiratoire d’intensité faible à modérée (augmentation progressive de 20 min, 3x/sem à au moins 3h30 min/sem) permettaient de réduire les symptômes de FA quel que soit le gain d’équivalent métabolique (MET) sur une période de suivi d’environ 4 ans, avec un effet plus marqué lorsque le gain de MET était ≥2.

Méthodologie

Une recherche a été effectuée dans les bases de données MEDLINE, EMBASE et CINAHL en utilisant les termes FA, exercice, yoga, acupuncture, acupression, méditation, tai chi, hypnose et alimentation.

Les études ayant inclus uniquement des patients avec fraction d’éjection ≤40% ou celles ne s’étant intéressées qu’à l’effet d’un exercice physique intense ont été exclues.

Limitation

La grande hétérogénéité des études quant aux protocoles utilisés et aux populations étudiées, et la qualité globale des études, n’ont pas permis de réaliser une méta-analyse.