Quelle contraception pour vos patientes transplantées ?


  • Fanny Le Brun
  • Actualités Médicales
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La HAS (Haute Autorité de Santé) a publié en février dernier une fiche mémo et un rapport d’élaboration concernant la contraception chez les patientes transplantées (rein, foie, cœur, poumon).

En cas de greffe d’organe non compliquée, les méthodes contraceptives autorisées sont :

  • La contraception à base de progestatif seul (forme orale microprogestative, implant à l’étonogestrel, acétate de médroxyprogestérone injectable),
  • Le dispositif intra-utérin (cuivre, à libération de lévonorgestrel),
  • Les méthodes barrières (préservatifs, diaphragme et cape associés à un spermicide).

En revanche, si la contraception œstroprogestative (forme orale, patch, anneau) est autorisée en cas de greffe de rein et de poumon, elle est contre-indiquée en cas de greffe de foie chez les femmes avec un syndrome de Budd-Chiari et en cas de transplantation hépatique pour adénome/adénomatose hépatique. En cas de greffe de cœur, elle doit être discutée au cas par cas avec le gynécologue et le cardiologue référent.

En cas de greffe d’organe compliquée (échec aigu ou chronique, rejet ou allogreffe cardiaque compliquée de vasculopathie), les méthodes à base de progestatif seul et les méthodes barrière peuvent être utilisées tandis que la contraception oestroprogestative n’est pas recommandée, voire contre-indiquée. Pour ce qui concerne les dispositifs intra-utérins, ils peuvent être maintenus, mais ne doivent pas être mis en place.

Une femme pour laquelle la grossesse représente un risque inacceptable doit être informée que les méthodes barrières (préservatifs masculins et féminins, diaphragme et cape cervicale avec spermicide) utilisées pour la prévention d’une grossesse peuvent ne pas être appropriées en raison du taux d’échec relativement élevé lors de leur utilisation au long cours.

Pour ce qui concerne la contraception en cas d’urgence, les progestatifs à l’acétate d’ulipristal, au lévonorgestrel et la contraception oestroprogestative orale peuvent être utilisés tandis que les dispositifs intra-utérins contenant du cuivre sont autorisés pour les greffes non compliquées, mais ne sont pas recommandés en cas de greffe compliquée.

Il est nécessaire de vérifier les interactions médicamenteuses potentielles pouvant altérer l’efficacité de la contraception ou du traitement immunosuppresseur. Par exemple :

  • L’acétate d’ulipristal peut entraîner une augmentation des doses circulantes de ciclosporine, de tacrolimus, de sirolimus et d’évérolimus, s’il est administré en même temps par voie orale.
  • La contraception œstroprogestative peut entraîner une augmentation des concentrations circulantes de sirolimus, de ciclosporine, de tacrolimus et des corticoïdes. Il est recommandé de doser régulièrement ces immunosuppresseurs dans le sang.