Quelle alimentation préconiser en cas de rectocolite hémorragique ?

  • Levine A & al.
  • Clin Gastroenterol Hepatol
  • 18 févr. 2020

  • Par Nathalie Barrès
  • Résumé d’articles
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L’IOIBD (International Organisation for the study of Inflammatory Bowel Disease) vient de publier ses recommandations pour l’alimentation des patients souffrant de rectocolite hémorragique (RCH). Celles concernant les patients souffrant de maladie de Crohn ont fait l’objet d’un précédent article.

Voici en synthèse les points clés à retenir chez les sujets souffrant de rectocolite hémorragique :

  • Fruits et légumineuses. Les preuves sont encore insuffisantes pour porter des recommandations spécifiques vis-à-vis de la consommation de fruits et légumes en cas de RCH (très faible niveau de preuve). N’oublions pas que les aliments riches en fibres présentent un intérêt pour la production d’acides gras à chaînes courtes par la flore intestinale commensale.
  • Sucres raffinés et autres glucides. Comme pour la maladie de Crohn (MC) les preuves manquent pour recommander une modification de l’apport en sucres raffinés ou en glucides complexes du fait de la présence d’une RCH (faible niveau de preuve). 
  • Blé/gluten.Comme pour la MC, les preuves manquent également pour recommander une restriction de la consommation de blé ou de gluten chez les sujets souffrant de RCH (faible niveau de preuve).
  • Viande rouge/viande transformée/volaille. Contrairement aux patients souffrant de MC, les experts de l’IOIBD estiment que chez les patients souffrant de RCH, il semble prudent de recommander une diminution la consommation de viande rouge et transformée (faible niveau de preuve). En revanche, aucune restriction de consommation de volaille ne peut être réalisée sur la base des données actuelles chez ces patients (faible niveau de preuve).
  • Produits laitiers pasteurisés. Aucun consensus d’experts n’a pu être établi sur ce point chez les sujets souffrant de RCH. Rappelons cependant que dans les pays développés, nombreux produits laitiers contiennent des quantités significatives d’émulsifiants, de carraghénanes et d’autres agents épaississants ayant certains effets délétères.
  • Lipides. En cas de RCH, les experts de l’IOIBD rappellent qu’il est prudent de réduire la consommation d’acide gras myristique – présents dans l’huile de palme et l’huile de coco notamment – (faible niveau de preuve), ainsi que les acides gras trans (très faible niveau de preuve). En revanche, il serait intéressant d’augmenter la consommation d’acides gras oméga-3 (EPA et DHA) issus des poissons (faible niveau de preuve) mais non ceux issus des suppléments alimentaires (haut niveau de preuve).
  • Alcool et autres boissons. Faute de données, l’IOIBD ne peut évoquer aucune préconisation spécifiques aux patients souffrant de RCH – en dehors des mesures de santé habituelles concernant la limitation de la consommation d’alcool. Un essai a cependant mis en évidence qu’il pourrait y avoir un intérêt à limiter l’apport de boissons chargées en sulfites (vin et bière).
  • Maltodextrine/édulcorants artificiels. Il semble prudent de limiter la consommation d’aliments contenant des maltodextrines et des édulcorants artificiels chez les patients souffrant de RCH (très faible niveau de preuve).
  • Émulsifiants, épaississants, carraghénanes. Les expert de l’IOIBD préconisent de limiter la consommation d’aliments contenant des carboxyméthylcellulose ou E466, du polysorbate 80 ou E433, des carraghénanes – présents dans les desserts à base de produits laitiers, les plats surgelés et les viandes transformées – chez les sujets souffrant de RCH (très faible niveau de preuve).
  • L’oxyde de titane et autres nanoparticules. De même, il semble prudent de limiter la consommation de produits transformés contenant du dioxyde de titane ou des sulfites, chez les patients souffrant de RCH (très faible niveau de preuve).